Νάνα Μούσχουρη: Ταξιάρχης του Εθνικού Τάγματος της Λεγεώνας της Τιμής [fr]

Ο Christophe Chantepy, Πρέσβης της Γαλλίας στην Ελλάδα, επέδωσε τα διάσημα του Ταξιάρχη του Εθνικού Τάγματος της Λεγεώνας της Τιμής στην κυρία Νάνα Μούσχουρη, κατά τη διάρκεια τελετής στην Πρεσβεία της Γαλλίας, την Τρίτη 9 Ιουλίου 2019.

Στο λόγο του, ο Christophe Chantepy χαιρέτισε τη συνεισφορά της Νάνας Μούσχουρη στον ελληνικό και στο γαλλικό πολιτισμό, αλλά και παγκοσμίως.

Ο λόγος του Πρέσβη, Christophe Chantepy, στα Γαλλικά

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Chère Nana Mouskouri,

C’est une grande joie de vous accueillir ce soir à l’ambassade, entourée d’André, de votre famille, de vos amis et de vos collaborateurs, pour vous remettre les insignes de commandeur dans l’Ordre de la Légion d’honneur.

D’ordinaire, mais surtout lorsqu’il s’agit d’une première distinction, et non d’une promotion, la cérémonie est l’occasion de brosser un tableau exhaustif de la totalité de la vie et de la carrière du récipiendaire.

Mais je trouverais cet exercice en l’espèce quelque peu artificiel. Pour trois raisons.

La première est que vous êtes mondialement connue, et que vos invités ce soir savent parfaitement qui vous êtes et quelle a été jusqu’à ce jour votre exceptionnelle carrière.

La deuxième, plus triviale, est que rendre compte ici de la totalité de votre carrière, nous conduirait sans doute un peu tard dans la nuit.

La troisième est plus déterminante, et elle vient du fond du cœur : je n’ai pas envie de rappeler tout ce que vous avez fait, mais de vous dire ce que vous représentez à nos yeux.

Chère Nana Mouskouri, ma rencontre avec vous aura été un des moments forts de mon mandat comme ambassadeur de France en Grèce. Et je ne dis rien de ce que cette rencontre a représenté pour Olivier…

Parce que vous êtes une immense artiste et que nous fredonnons tous vos chansons (la journée commence bien lorsqu’on se lève avec dans la tête : « Quand tu chantes, quand tu chantes, tu ne sais pas pourquoi… »), mais aussi parce que vous êtes, malgré votre renommée, une femme attentionnée aux autres, abordable, et qu’on oublie en votre si tranquille et simple compagnie que l’on parle avec une star mondiale. Nous avons pris un café, et nous avons papoté comme de vieux amis. C’était un moment délicieux.

Mais ce n’est bien sûr pas pour votre exquise gentillesse que le Président de la République a décidé de vous promouvoir dans l’ordre de la Légion d’honneur, mais pour ce que vous êtes et représentez pour la France.

Vous avez chanté partout dans le monde, et dans toutes les langues. Mais, vous avez porté la langue française comme seule une grande artiste peut le faire. Vous avez donné envie de la France, parce qu’on avait envie de chanter, avec vous, en français.

Mon pays vous a beaucoup apporté, mais c’est vous qui avez choisi d’en faire votre seconde patrie. Et pourtant vous aviez l’embarras du choix, parce que de très nombreux pays auraient souhaité vous adopter. On ne compte plus vos tournées à travers le monde, vos concerts dans les salles les plus prestigieuses, en France bien sûr, au Royal Albert Hall, à la Philharmonie de Berlin, à l’Opéra de Sydney ou au Teatro monumental au Chili. On ne compte plus vos disques d’or. Mais on retient toujours et encore l’émotion qu’on ressent, partout, chaque fois que vous chantez. J’ai eu la chance, comme beaucoup de vos amis présents ce soir, d’assister au concert que vous avez donné il y a un an presque jour pour jour à l’Hérode Atticus, dans cet odéon si important dans votre carrière. Vous avez transporté, comme toujours, le public. Mais je veux vous dire qu’au-delà du bonheur de vous entendre, j’ai été sidéré par votre extraordinaire performance physique. Il faisait en effet ce soir-là une chaleur étouffante, écrasante, et tous les spectateurs ne cessaient de s’éventer et de boire de l’eau. Et vous, vous avez chanté pendant plus de deux heures, sans pause, avec une toute petite bouteille d’eau, avec grâce et légèreté. On était envoûté, et on avait l’impression que l’aura musicale que vous créiez autour de vous suffisait à vous rafraîchir. Vous étiez, ce soir-là, la déesse de la chanson.

Votre répertoire est infini, qu’il s’agisse des styles ou de la langue. Mais vous avez aussi eu des engagements publics en dehors de la chanson, à l’UNICEF ou au Parlement européen, pour la culture, l’éducation et le développement. Vous avez mis votre talent et votre renommée au service des autres. Et vous êtes marraine de l’association SKEP, dont Athina Kritikou est la présidente, et qui est chère à notre cœur.

Chère Nana Mouskouri, vous savez ce que vous représentez pour les Français. Faites le test : demandez aux passants dans une rue de France de citer une personnalité grecque célèbre ; la moitié citera votre nom, et l’autre moitié affirmera que, non, vous êtes Française. C’est qu’on ne sait plus si vous êtes une ambassadrice de France en Grèce ou de Grèce en France. C’est qu’en fait, vous êtes les deux à la fois.

C’est tout le bonheur que vous représentez pour mes compatriotes que je souhaitais vous dire ce soir.

Nana Mouskouri, au nom du Président de la République, j’ai l’honneur de vous remettre les insignes de commandeur dans l’Ordre de la Légion d’honneur.

Η δεξίωση έλαβε χώρα παρουσία φίλων και συγγενών του τιμώμενου προσώπου αλλά και προσωπικοτήτων από το χώρο των γραμμάτων και των τεχνών.

Οι δίσκοι της Ελληνίδας τραγουδίστριας έχουν πουλήσει εκατομμύρια αντίτυπα διεθνώς. Έχει τιμηθεί πολλάκις από το γαλλικό κράτος: Ιππότης των Γραμμάτων και Τεχνών το 1986, Ιππότης του Τάγματος της Λεγεώνας της Τιμής το 1997 και Αξιωματούχος της Λεγεώνας της Τιμής το 2007.

δημοσίευση 26/08/2019

Αρχή σελίδας