Ariane Labed, actrice [el]

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Née à Athènes, élevée en Grèce, en Allemagne puis en France, Ariane Labed a reçu au Festival de Venise en septembre 2010 la coupe Volpi de la meilleure actrice pour son travail dans le film grec "Attenberg" de Athina Tsangari. Le film sera sur les écrans grecs le 9 décembre prochain.

Après les françaises Catherine Deneuve, Nathalie Baye, Juliette Binoche et Isabelle Huppert c’est une jeune comédienne, ancienne élève du Lycée français d’Athènes qui reçoit la prestigieuse distinction Vénitienne.

A l’issue de ses études de théâtrologie à Aix en Provence, Ariane Labed fonde la compagnie Vasistas avec la metteuse en scène grecque Argyro Chioti. Le petit groupe fondateur de Vasistas est cosmopolite et voyageur et la compagnie a une existence pendulaire entre Marseille et Athènes, ses deux ports d’attache.

Outre les créations de Vasistas, Ariane se produit également au Théâtre National d’Athènes dans « Faust » de Goethe (2008/2009) et « Alkistis » d’Euripide (2009).

Ariane Labed vient d’achever le tournage de son deuxième long-métrage sous la direction de Yorgos Lanthimos et répète son prochain spectacle, "Control Freak" qui sera donné dans le cadre du "Low Budget festival", les 14, 15 et 16 décembre prochain.

Ariane Labed, pourquoi avoir choisi de vivre à Athènes ?

Plus qu’un choix, c’est un concours de circonstances : dès la fin de mes études, j’ai décidé de créer ma compagnie avec Argyro Chioti qui est Grecque et c’est tout naturellement que nous avons donné des représentations des créations de la compagnie à Athènes. Puis tout s’est enchaîné : le théâtre national et les films. J’aime le chaos de cette ville, l’animation de mon quartier Pangrati, les cinémas en plein air (surtout celui de Thissio avec l’Accropole en toile de fond), la plaisir de sortir spontanément sans planifier ses soirées. Athènes est la ville où j’aime vivre. Il ne me manque que les croissants au beurre et un verre de Quincy, le vin de ma région.

Que représente la Coupe Volpi ?

Ce Prix est une chance inouïe, mais c’est seulement aujourd’hui que je le réalise. Cela m’a d’abord effrayé : je viens du théâtre et "Attenberg" est mon premier film. J’ai évidemment beaucoup travaillé sur ce film, mais j’ai eu l’impression que ce prix aurait dû revenir à une actrice confirmée. "Attenberg" m’a été proposé par la réalisatrice Athina Tsangari sans que je passe le moindre casting. J’ai été séduite par l’étrangeté du scénario, un objet littéraire inclassable avec des dialogues crus et des descriptions poétiques. Pour la protagoniste du film que j’incarne, nous avons imaginé un langage chorégraphique très précis. Malgré mes appréhensions de comédienne de théâtre vis-à-vis du cinéma, l’exercice m’a plu et m’a ouvert l’appétit pour d’autres tournages.

Je parle grec avec un petit accent indéfinissable qui me donne une élocution étrange, ce qui n’est pas un handicap en soit. C’est une langue que j’ai apprise enfant et que je me réapproprie en prenant des cours à l’IFA.

Quels sont vos projets ?

"Attenberg" sort le 9 décembre et j’en assure la promotion. Le film est en compétition au Festival de Thessalonique et j’espère qu’il sera bien reçu. Je répète également la prochaine création de la compagnie Vasistas, intitulée "Control Freak". C’est le deuxième volet d’une trilogie que nous allons donner dans le cadre du festival "Low Budget" à la fondation Cacoyannis les 14, 15 et 16 décembre. C’est une réflexion sur le contrôle de soi, la surveillance et la coercition. La pièce est une performance muette, accessible à tous les publics, grecs ou français … Enfin, je jouerai au Théâtre National dans Platonov de Tchékov mis en scène par Yorgos Lanthimos de début février à fin mars 2011.

dernière modification le 25/02/2013

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