Athènes a célébré le 50ème anniversaire du Traité de l’Elysée [el]

Le cinquantenaire de la signature du Traité de l’Elysée a donné lieu à des cérémonies officielles à Berlin associant la Chancelière allemande Angela Merkel et le Président de la République française, François Hollande, les gouvernements et les parlements.

A Athènes, Jean Loup Kuhn-Delforge, ambassadeur de France en Grèce, et Wolfgang Dold, ambassadeur d’Allemagne en Grèce, ont accueilli leurs invités à l’occasion d’une réception commune qui s’est tenue à la résidence de France le 22 janvier 2013.

Cette soirée d’amitié franco-allemande a réuni de nombreuses personnalités du monde politique, culturel, économique ainsi que des représentants des communautés françaises et allemandes.

Outre les discours officiels des deux ambassadeurs, les jeunes élèves de la chorale du Lycée Franco-Hellénique "Eugène Delacroix" ont chanté l’hymne européen en allemand.

Discours de Jean Loup Kuhn-Delforge, ambassadeur de France :

Messieurs les Ministres,
Lieber Freund Wolfgang,
Kyries kai Kyri,
Meine sehr geehrten Damen und Herren,

Avec mon collègue et ami, Wolfgang Dold, je voudrais vous remercier d’avoir accepté de célébrer avec nous, ce soir à Athènes, le 50ème anniversaire du Traité de l’Elysée, au moment où nos deux gouvernements et nos deux Parlements se réunissent à Berlin.

Le Traité de l’Elysée a permis de surmonter un passé de plusieurs siècles de violence, de guerre, de haine, grâce au courage de Adenauer et de de Gaulle, qui ont ainsi scellé la réconciliation entre les deux nations. Leur intelligence visionnaire leur a fait voir la nécessité que cette réconciliation ne se limite pas aux dirigeants mais irrigue la société de nos deux pays, et en particulier leur jeunesse. Le traité a ainsi institué l’Office franco-allemand pour la jeunesse qui depuis lors a organisé plus de 8 millions d’échanges de jeunes et de jumelages de scolaires et de jeunes travailleurs.

Avec la chaîne de télévision binationale ARTE, l’entreprise EADS, la brigade militaire franco-allemande, les rencontres de fonctionnaires, les jumelages de nos villes, l’imbrication des projets universitaires dont l’université franco-allemande double diplômante, les 140 lycées qui permettent de passer conjointement les 2 baccalauréats, la rédaction commune d’un manuel d’histoire contemporaine, …. ce sont des milliers d’organismes partenaires qui, concrètement, œuvrent à l’imbrication des deux peuples.

Désormais, de solides réseaux ont été constitués et pour beaucoup, la coopération est devenue un réflexe institutionnalisé.

C’était impensable en 1960 pour des raisons émotionnelles. Cela ne va pas toujours de soi, encore aujourd’hui. Car les différences sont profondément enracinées entre les deux pays, qu’il s’agisse du système politique, de la construction de l’Etat, de la structure de l’économie, du recrutement des élites, de l’éducation… différences qui rendent parfois difficile notre coopération. Mais les épreuves que nos deux pays se sont infligées mutuellement nous font le devoir de dépasser nos divergences et de nous mettre au service de la paix en Europe, et au-delà, de la construction d’une Europe unie.

C’est là notre conviction : que notre entente, nos intérêts nationaux parfois différents mais complémentaires, en un mot nos compromis, soient au service des autres pays de l’Europe.

Ce sont ces compromis qui ont permis d’effectuer les sauts qualitatifs importants de la construction européenne, du marché unique à la monnaie commune, en passant par la libre circulation des personnes et des biens… Pour autant, l’amitié franco-allemande n’est aucunement exclusive, et la coopération du triangle de Weimar avec la Pologne, en est le témoignage.

Ainsi, le Traité de l’Elysée a prouvé que les pays d’Europe peuvent dépasser le tragique de leur histoire.

A présent, la paix est un acquis qui va de soi pour la jeunesse européenne. Notre coopération a donc perdu une bonne part de sa dimension émotionnelle. Il nous appartient de démontrer à cette jeunesse la pertinence du couple franco-allemand au service de l’Europe, pour que l’Union européenne (qui n’est jamais le problème mais toujours la solution) résiste aux sirènes du populisme et du nationalisme, et aille de l’avant.

Discours de l’ambassadeur d’Allemagne en Grèce :

En ligne sur le site de l’ambassade d’Allemagne en Grèce


En savoir plus

- (22 janvier 2013) : Article franco-allemand des ambassadeurs de France et d’Allemagne publié dans le quotidien TA NEA à l’occasion du 50ème anniversaire du Traité de l’Elysée : 50 ans de coopération franco-allemande " La fin de la grande haine– Le début de l’Europe unie".

- (21-22 janvier 2013) : Année franco-allemande - Cinquantenaire du Traité de l’Élysée : François Hollande, président de la République française, accueilli par la chancellière allemande, Angela Merkel, s’est déplacé à Berlin les 21 et 22 janvier 2013 . Ils ont commémoré ensemble les célébrations du cinquantenaire du Traité de l’Elysée.

dernière modification le 06/04/2018

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