1896, la France fait naître un port à Thessalonique (N°9, 14 janvier 2021) [el]

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1896, la France fait naître un port à Thessalonique

Le saviez-vous ?

C’est à la fin du XIXe siècle, dans le contexte de l’inauguration du canal de Suez en 1869 et de l’intégration de la Méditerranée orientale dans le commerce mondial, que Thessalonique prend parti de sa situation géographique et entame son désenclavement : la ville entreprend la démolition de la portion côtière de ses fortifications, la construction d’importantes infrastructures ferroviaires vers les Balkans et Constantinople, et la réalisation d’un port artificiel, infrastructure indispensable à son développement économique.

A cette époque, la quasi-totalité des travaux portuaires en Méditerranée orientale est réalisée par des entreprises françaises, dotées de l’expertise et du savoir-faire des ingénieurs issus des grandes écoles. Ce sont naturellement eux qui réalisent les premières études, entre 1872 et 1892, largement inspirés par le port de Marseille nouvellement construit, avant que la réalisation ne soit confiée à Edmond Bartissol, en 1896. L’entrepreneur français de travaux publics a déjà conduit de nombreux chantiers à l’étranger, il a notamment participé au percement du canal de Suez et construit chemins de fer, ponts et tunnels en Espagne et au Portugal. Il confie le projet et la conduite des travaux au Centralien Jules Robert, qui reprend les plans des ingénieurs précédents.

D’éminentes entreprises françaises telles que la Société de construction des Batignolles, la Société anonyme ottomane du port de Salonique d’Edmond Bartissol et le Bureau technique de béton armé de François Hennebique, sont impliquées dans ce projet totalement innovant.
Le contrat inclut la construction et l’exploitation du port. Six bâtiments sont prévus, dont quatre verront le jour. Le plus imposant, celui des douanes, de 200 mètres par 25, est réalisé en béton armé, une technique ultra-moderne mise en place au début des années 1890 par le fameux François Hennebique. Restauré par la société française Fraissinet à la fin des années 1940, le bâtiment est aujourd’hui le seul des quatre à avoir été préservé. Il abrite toujours le bureau des douanes, ainsi que le terminal des ferries pour passagers.

Le port a également connu quelques évolutions depuis la reprise du droit d’exploitation par l’Etat grec en 1930. Après des extensions successives vers l’ouest, avec de nouveaux quais, bâtiments et équipements, il est aujourd’hui un port industriel et commercial majeur et un accès principal à la mer pour les Balkans. Le lien avec la France reste fort puisque la société Terminal Link, filiale du groupe français CMA-CGM, fait partie du consortium ayant pris une participation majoritaire dans le port de Thessalonique en 2017.

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dernière modification le 17/02/2021

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