Climat : les engagements pour sauver la planète [el]

2 ans, jour pour jour, après l’Accord de Paris, le sommet One Planet Summit, qui s’est tenu le 12 décembre 2017 à la Seine musicale, entendait poursuivre l’effort en rassemblant les acteurs de la finance publique et privée. L’objectif était de réfléchir aux moyens pour innover, soutenir et accélérer notre lutte commune contre le changement climatique.

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Introduction

Autour du Président de la République française, Emmanuel Macron et en présence d’une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement , dont le Premier ministre de la République hellénique, Alexis Tsipras, réunis à l’occasion du deuxième anniversaire de l’Accord de Paris sur le climat, le « One Planet Summit » était organisé conjointement par la France, l’ONU et la Banque mondiale, en partenariat avec la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le groupement We Mean Business, la Convention des maires pour le climat et l’énergie, la Commission européenne, le réseau C40 Cities, l’OCDE et Bloomberg Philantropie.

Le Président de la République a prononcé un discours :

"Ceux qui étaient avant nous avaient une chance, ils pouvaient dire : « On ne savait pas. » Et c’était vrai. Depuis une vingtaine d’années, on sait et on sait à chaque fois un peu plus (...) Ce sommet, le One Planet Summit, c’est pour moi le début d’une nouvelle génération", affirme le Président de la République.

Discours introductif d’Emmanuel Macron au One Planet Summit (La Seine Musicale - Ile Seguin – 12 décembre 2017)

(...) Je veux d’abord saluer à nouveau et remercier les chefs d’État et de gouvernement qui sont présents avec nous, qui ont fait l’effort de venir alors que certaines et certains ont des actualités chargées, ont des difficultés, je le sais, à la maison et ils ont montré, en venant, en étant présents ici, que le sujet que nous évoquons aujourd’hui est absolument essentiel.

Je voulais remercier mes deux co-présidents, Antonio GUTERRES et Jim KIM, d’être présents parce que depuis longtemps, leur engagement pour la lutte contre le réchauffement climatique, pour la cause qui nous occupe aujourd’hui, est réelle, fondamentale et eux aussi ont des actualités que je sais très chargées et leur présence à Paris dit beaucoup.

Surtout je voulais en quelques mots – parce que ce qui compte, ce sont les engagements qui vont être pris et tout ce qui va se dire durant les trois panels –, je voulais vous dire que ce qui est en train de se jouer ici est une nouvelle étape de notre combat collectif. Et je le dis devant beaucoup de jeunes qui sont présents dans cette salle et que je veux aussi saluer, nous sommes en train de perdre la bataille. Il ne faut pas se tromper, on passe un très bon moment, tout est formidable parce qu’on se retrouve. Il y a beaucoup de gens qui s’apprécient ou qui se découvrent et ça peut paraître un très bon moment, mais on est en train de perdre la bataille.

Ceux qui étaient avant nous avaient une chance, ils pouvaient dire : « On ne savait pas. » Et c’était vrai. Depuis une vingtaine d’années, on sait et on sait à chaque fois un peu plus, parce qu’il y a eu les travaux remarquables du GIEC qu’on va continuer à financer, à protéger, les travaux d’énormément de scientifiques internationaux grâce à qui il y a encore quelques semaines, un appel de 15 000 scientifiques a été lancé quand on était ensemble à la COP à Bonn présidée par Fidji. Maintenant, on sait très bien.

On sait et il y a deux ans jour pour jour, un accord a été signé à Paris pour la première fois où la quasi-totalité de la communauté internationale a décidé de prendre des engagements. Alors, certains avaient dit : « Ce n’est pas assez. Ces engagements ne sont pas fermes. » Il y avait déjà un début, c’était la première fois. Nous sommes deux ans après cet Accord de Paris donc on sait, on sait chaque jour un peu plus la gravité de ce qui se passe. On a signé un accord et qu’est-ce qui s’est passé entre-temps ?

Il y a des décisions ou des velléités de quitter cet accord. Très mauvaise nouvelle. Mais si nous sommes ici aujourd’hui, c’est parce que beaucoup ont décidé de ne pas forcément accepter la décision du gouvernement fédéral américain de quitter l’Accord de Paris et ont dit : nous allons nous engager à travers l’« America’s Pledge ». Merci à vous d’avoir lancé cette initiative et je veux remercier le… Vous pouvez les applaudir …

(Applaudissements)

… le gouverneur BROWN de Californie, Mike BLOOMBERG et tous leurs amis qui ont dit : « Nous, on va remplacer ce qu’allait faire le gouvernement fédéral américain et nous, les États, les villes, les acteurs du privé, on va prendre notre part. » Très bien. Néanmoins, l’accord est fragilisé. Mais deuxièmement, on ne va pas assez vite et c’est ça le drame ! On ne va pas assez vite ! Si on continue sur notre lancée, on est… Là où on s’est engagés à une augmentation d’en moyenne 1,5° C, on est à 3-3,5° C. Enfin, ça n’a rien à voir avec ce à quoi on s’est engagés ! Rien !

Donc, quand je dis qu’on est en train de perdre la bataille aujourd’hui, je veux que vous preniez conscience que derrière moi, il y a des chefs d’État et de gouvernement. Dans 50, 60 ou 100 ans, il y en a cinq, 10, 15 États qui ne seront plus là tout simplement, si nous ne faisons rien. Ça veut dire ça ce qu’on est en train de faire. Et on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. C’est ce qu’on est en train de décider à ne pas changer. On décide juste qu’il y en a plusieurs autour de cette table qui vont disparaître, leurs populations avec eux. Et donc la question pour les dirigeants qui sont aujourd’hui présents, c’est de savoir si on veut accompagner ça parce qu’on ne pourra plus expliquer à qui que ce soit qu’on ne savait pas.

Cette situation, elle a mis des décennies et des décennies à advenir et, normalement, on ne devrait pas bouger parce que nous, on est élus pour un temps donné et le temps où on est élus, normalement, on ne verra pas les conséquences. La communauté d’affaires, elle ne devrait pas bouger parce que le temps de gestion de son entreprise n’est pas du tout celui que je viens d’évoquer, de la disparition de ces îles, de ces pays vulnérables. Mais on doit tous bouger parce qu’on aura tous à rendre compte.

Donc, ce sommet, le One Planet Summit, c’est pour moi le début d’une nouvelle génération. Non pas un sommet où on va négocier une déclaration, mais un sommet d’abord où il y a les gouvernements – il y a 127 États qui sont représentés –, où il y a les régions, les villes, c’est-à-dire toutes les entités publiques non gouvernementales parce qu’elles sont des acteurs essentiels de ce changement, où il y a les fonds souverains, les assurances, les banques, les philanthropes, c’est-à-dire tout ce qui représente l’argent privé, notre capacité à le mobiliser, à le réguler et où il y a les entreprises privées, les ONG, la société civile, la jeunesse, les scientifiques, c’est-à-dire tous les acteurs de cette transformation, parce que ce n’est pas une seule personne dans un seul pays qui change les choses.

Donc, ce que nous devons faire dans les heures qui viennent, c’est très concrètement chacune et chacun expliquer les engagements que nous prenons fermement pour changer ce qui est devenu aujourd’hui comme une fatalité, pour choisir la vie et la planète qu’on va avoir et pour dire : « Voici ce que je veux changer concrètement et j’en réponds devant vous. » Pour la première fois, beaucoup de chefs d’État et de gouvernement ont accepté de ne pas parler et je les en remercie parce que faire le déplacement, venir et ne pas parler, c’est très rare dans nos sommets. C’est vrai !

Mais parce qu’ils sont là, engagés, et qu’ils veulent aider tous les acteurs dans leurs pays. Je le dis avant qu’on commence, tous ceux qui ont une annonce, un engagement fort à prendre auront le droit à la parole en plus de ce qui est prévu. Mais je le dis aussi à tous ceux qui ont prévu de parler – acteurs privés, financiers, philanthropes, etc. –, vous allez vous exprimer pour prendre un engagement et à l’issue à de cette réunion, nous suivrons cet engagement les uns et les autres.

On a pris le Plan Climat avec des engagements de fermeture de capacités, des engagements d’ouverture de renouvelables, tout sera suivi, évalué, vérifié parce que ce que nous entamons aujourd’hui, c’est le temps de l’action. L’urgence est devenue permanente. Et le défi de notre génération, c’est d’agir, agir plus vite et gagner cette bataille contre le temps, cette bataille contre la fatalité, pour mettre en œuvre des actions concrètes qui vont changer nos pays, nos sociétés, nos économies pour que nos enfants et peut-être même nous-mêmes, nous puissions choisir notre avenir, choisir notre planète et pas subir le réchauffement, le dérèglement climatique, la disparition de pays vulnérables et une transformation profonde.

Alors, merci beaucoup pour votre engagement, merci d’être là pour continuer à mettre la pression sur tout le monde et je cède maintenant la parole à mes deux co-chairmen.

Merci à vous."

Service de presse de l’Élysée

Financer les solutions face au dérèglement climatique : 4 panels de réflexion

Cet événement était organisé autour de 4 panels de réflexion avec en particulier l’intervention de Jean Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, qui a participé au premier panel de réflexion sous le thème « Changer l’échelle de la finance pour l’action climat ».

One Planet Summit - Intervention de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, à l’ouverture de la table ronde : « changer l’échelle de la finance pour l’action climat » (Paris, 12/12/2017)

(...) Depuis deux ans, la mobilisation n’a pas décrue et aujourd’hui, vous le savez, il y a 170 États qui ont ratifié l’Accord de Paris. Cela représente 87% des émissions mondiales de gaz à effets de serre, c’est essentiel. Par ailleurs, l’objectif qui nous rassemble aujourd’hui, c’est de répondre par des solutions concrètes et efficaces à l’enjeu que représente le financement pour le climat. Les travaux que nous engageons aujourd’hui visent à crédibiliser notre action, et à opérer sur le terrain le changement d’échelle indispensable.

Il y a beaucoup d’éléments qui ont été mis en oeuvre depuis deux ans, en particulier les éléments financiers. Je voudrais rappeler que l’objectif que nous nous sommes fixés de 100 milliards de dollars de financement public et privé d’ici 2020 est en mouvement. Je pense en particulier au fonds vert pour le climat - la France y contribue à sa hauteur - qui, comme d’autres fonds, alimente des projets concrets en nombre croissant.

Je voudrais citer quatre exemples très concrets de l’agenda de l’action qui constitue l’un des piliers de la COP21, et qui a été repris par la COP23 sous présidence fidjienne.

D’abord, l’initiative CREWS, avec un certain nombre de pays pour renforcer les systèmes d’alertes, au bénéfice des populations des pays les plus vulnérables face aux événements extrêmes. Ce mouvement est en cours, avec 40 pays et un investissement de 100 millions de dollars d’ici 2020.

Le deuxième exemple c’est l’érosion des sols car, sans action sur les sols, et en particulier sur les sols dégradés, nos chances de rester en-dessous des deux degrés sont quasiment nulles.

Sous l’impulsion de l’Agence française de développement, sous l’impulsion de Monique Barbut (Ndr : directrice de la division technologie, industrie et économie du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), la France va s’engager à hauteur de 30 millions d’euros dans le fonds pour la neutralité en matière de dégradation des terres, le fonds LDN, qui est géré par Mirova, filiale du groupe Natixis qui montre qu’il y a un bon croisement de l’investissement public et de l’investissement privé.

Le troisième exemple c’est l’érosion côtière qui a mobilisé singulièrement la Banque mondiale et singulièrement également mon pays, avec le programme dédié à ce sujet qui s’appelle le programme WACA. Notre mobilisation est cruciale, en particulier sur certaines situations. Je pense notamment à la situation de Saint-Louis du Sénégal et je plaide, aux côtés de la directrice générale de la Banque mondiale, pour qu’un soutien spécifique et exemplaire, un soutien d’ampleur soit mis en oeuvre pour Saint-Louis qui sera peut-être la référence de la plate-forme WACA.

Enfin, je pense aussi à l’initiative africaine pour les énergies renouvelables, l’AREI que nous appuyons résolument. Il importe que les projets qui sont initiés par l’AREI puissent aboutir, ils sont déjà au nombre de 19, avec une production totale attendue de près de 2 GW pour un total de 4 milliards d’euros d’investissements. Plusieurs programmes sont en attente pour le début de l’année 2018, il faut les faire progresser.

Vous le voyez, l’engagement des uns et des autres depuis 2015 est significatif et cette journée doit poursuivre la mobilisation collective, la mobilisation innovante et solidaire, au service des financements croisés, pour atteindre les objectifs que nous nous sommes donnés./.

Les trois autres panels étaient développés sous les thèmes

  • « Verdir » la finance en faveur d’une économie durable ;
  • Accélérer l’action locale et régionale en faveur du climat ;
  • Renforcer les politiques publiques pour la transition écologique et solidaire.

En parallèle du « One Planet Summit », de nombreux événements labellisés ont été organisés par des partenaires publics, privés et associatifs afin de participer à la dynamique de mobilisation et à la mise en œuvre de solutions concrètes en faveur de l’action climat.

Dans ce cadre, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a organisé la veille du sommet une conférence intitulée « la finance climat en action pour les femmes ». Elle a permis d’aborder les contributions des femmes à la lutte contre le dérèglement climatique et les défis liés à la prise en compte du genre dans ce domaine.

De nombreuses personnalités, acteurs publics, institutions internationales et des entreprises venus de toute la planète ont pris une série d’engagements.

Les engagements de la France

L’engagement des entreprises pour le climat

Le 11 décembre 2017 s’est tenu à Bercy l’édition 2017 du Climate Finance Day qui a réuni près de 1 000 représentants internationaux de haut niveau de l’industrie financière, des entreprises, des autorités de régulation et de supervision, ainsi que des banques publiques, des représentants d’organisations non gouvernementales et de la sphère académique.

A cette occasion, Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, a rappelé que la lutte contre le changement climatique nécessitait une mobilisation et une mise en cohérence sans précédent des flux financiers publics et privés sur la planète.

Climat - One Planet Summit - Secteur privé - Discours de Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire (Paris, 11/12/2017)

(Seul le prononcé fait foi)
(...) Il y a quelques minutes, j’ai rencontré un certain nombre d’entre vous qui m’ont présenté « L’engagement des entreprises françaises pour le climat ». Ces entreprises, 91 si j’ai bien retenu le nombre, ont affirmé ce matin leur détermination à s’inscrire dans le Plan Climat de la France, à viser la neutralité carbone à l’horizon 2050, à mettre au coeur de leur activité les solutions face au climat.

C’est un premier acquis, une première réussite du One Planet Summit, voulu par le président de la République, que je veux saluer ici.

Il y a quelques années, personnes n’aurait pu imaginer cette transformation, cette métamorphose des entreprises françaises en faveur du climat.

Il y a quelques années, les oppositions étaient fortes entre ceux qui étaient convaincus qu’il n’existait pas d’alternatives aux modèles du 20ème siècle.

Il y a quelques années, dans les entreprises, ceux qui parlaient de développement durable étaient souvent considérés comme de gentils idéalistes, coupés des réalités économiques, ou simplement relégués à des fonctions subalternes.

Ils sont désormais au coeur du modèle économique de la plupart des entreprises, en France, mais aussi à l’international.

Il y a quelques années, si le ministre de l’environnement avait annoncé la fin de la voiture thermique, il aurait dû faire face au lobby forcené des constructeurs automobiles, des équipementiers, mais aussi des producteurs et des vendeurs de carburants. Aujourd’hui, ces acteurs ont répondu présent, quand en Juillet, j’ai fixé ce nouveau cap pour la France.

Il est loin le temps qui opposait les entreprises et les partisans de l’écologie.

Mesdames et Messieurs,

Grâce à la COP21, grâce à l’engagement de notre pays, de sa diplomatie, de ses associations, de ces territoires, de ses entreprises, nous sommes en train de poser les bases d’une nouvelle société, d’une nouvelle économie.

Cette économie, elle se rapproche du sens premier, essentiel de ce terme : celui de la gestion de la maison.

Ce mot, qui a en partage avec l’écologie la racine grecque « oikos », la maison, notre foyer à tous, la planète, c’est la boussole qui doit désormais vous guider.

Cette conversion, elle doit beaucoup à quelques pionniers, qui parmi vous, ont su écouter les cris d’alertes des scientifiques, ceux qui continuent aujourd’hui et auxquels nous ne serions nous résigner. Elle doit beaucoup aussi à des réseaux, comme ceux de vos directeurs et directrices du développement durable, qui ont su à la fois éclairer vos discussions stratégiques, mais aussi inventer les modèles économiques de demain.

La transition écologique et solidaire, elle a besoin de pionniers. Mais ceux-ci ne sauraient suffire, car face à l’urgence climatique, parce que nous savons que nous marchons sur le seuil de l’irréversible, nous avons besoin d’une mobilisation générale.

Le temps n’est plus aux débats, il est à l’action. Je suis venu vous le confirmer ici.
Il n’y pas d’issue heureuse pour notre économie, pour les emplois que vous créez, pour les biens et les services que vous produisez, en dehors du cadre de l’accord de Paris.

Ce cadre, il pose un nouvel horizon, celui de la neutralité carbone. Cet horizon, c’est le seul possible pour envisager un avenir apaisés, sans conflits, sans les inégalités et la pauvreté accrue par les désordres climatiques.

Ce cadre, c’est celui de l’impératif de solidarité, de celui qui considère que l’on ne peut condamner une partie du monde à regarder dans la misère s’effondrer les équilibres du climat, auxquels ils n’ont en rien contribué, tandis que d’autres tentent de s’abriter derrière des frontières, ou des murs.

Le projet économique de la neutralité carbone, il est enthousiasmant, parce qu’en réintroduisant de la vision, du sens dans les décisions du court terme, il pose de nouvelles fondations pour vous.

Il crée un cadre pour l’innovation, pour des ruptures technologiques qui vont participé à construire un monde sans pollution. Un cadre qui n’est plus une contrainte, mais une émancipation.

Une émancipation des énergies fossiles, qui appartiennent définitivement au passé. Une émancipation des déchets, à l’économie circulaire, qui au lieu de céder à la folie du pillage des écosystèmes et de l’empilement des déchets. Une émancipation qui met la technologie au service du progrès de tous, de la qualité de la vie.

Ce cadre, qui finalement n’est que la traduction concrète des limites de notre planète, de ses ressources, de la capacité nos écosystèmes à satisfaire nos besoins essentiels.

Il impose aussi que nous remettions au coeur du projet économique de notre pays, de l’Europe et du monde, les principes de l’économie sociale et solidaire.

Car l’entreprise, si elle a un rôle majeur dans nos société, parce qu’elle créé des emplois, produits de la richesse, ne peut s’extraire des travers de la mondialisation, de certains égoïsmes qui conduisent au creusement des inégalités.

C’est pourquoi avec Bruno Lemaire, avec Murielle Pénicaud, et avec l’aval du président de la République, nous allons faire évoluer l’objet social des entreprises, qui ne peut plus être le simple profit, sans considération aucune pour les femmes et les hommes qui travaillent, sans regard sur les désordres environnementaux.

Cette réforme, qui nous conduira vraisemblablement à modifier le code civil, elle fera en sorte que les principes et valeurs de cette économie sociale et solidaire, cette économie pionnière, celle qui tend la main, celle qui partage, celle qui préfère la coopération à la compétition, deviennent la norme et non plus l’exception.

Cette réforme est juste car elle incarne l’économie de l’avenir, celle qui concilie performance économique et intérêt général, celle qui répond aussi à l’aspiration première de tous vos collaborateurs, davantage encore des générations à venir qui placent le sens comme premier critère - et de loin : 72% - de motivation et de choix pour leur futur emploi.

C’est donc non seulement notre avenir collectif qui se joue, non seulement notre capacité à développer un capitalisme raisonné, une croissance durable de vos activités, mais aussi l’attractivité même de vos entreprises.

Je sais que nombre d’entre vous, de plus en plus nombreux, s’engagent dans cette nouvelle trajectoire économique au travers de politiques RSE ambitieuses, ou de fondations soutenant des actions d’intérêt général.

Je sais aussi que certains d’entre vous, Emmanuel Faber, PDG de Danone, Antoine Frérot pour Véolia se sont déclarés favorables à cette réforme de l’objet social de l’entreprise.

Cette évolution vous avez la responsabilité de l’incarner, de la faire vivre avec les territoires, et qui sont en train de basculer, cher Arnold, chère Michèle vers un monde sans pollution, sans émissions.

C’est dans ce cadre, celui du plan climat, que nous allons ensemble bâtir un « Green New Deal », un accélérateur de la Transition énergétique pour la France et l’Europe. Ce Green New Deal, il va poser pour tous les secteurs, les bases de la neutralité carbone.

Dans le secteur des énergies renouvelables, qui sont déjà, souvent, plus compétitives que les énergies fossiles, nous allons y aller « à fond ». C’est une des conditions pour retrouver une forme de souveraineté énergétique, créer de l’emploi partout sur nos territoires, dont certains s’inventent déjà un avenir 100% renouvelable.

Dans le secteur de la mobilité se dessine un nouvel horizon, que beaucoup d’entre vous dévoilent déjà. Un horizon où les voitures n’ont plus de pot d’échappement, ou les bus et les trains deviennent électriques, ou fonctionnent à l’hydrogène, libérant les centres villes, les vallées alpines des épisodes de pollution. Cette transformation, elle doit être portée par tout un secteur, notamment dans le domaine des batteries, pour lequel nous avons besoin de champions.

Dans le secteur du logement, les bâtiments sont en train de devenir intelligents et producteurs d’énergies. Grace au digital, grâce aux savoirs faires de nos artisans, des PME et des grandes entreprises, la facture des français peut baisser de manière spectaculaire, tandis que de nouveaux modèles économiques émergent.

Dans l’industrie, l’économie circulaire, la chimie verte et l’innovation doivent aussi permettre de repenser la manière de produire.

Avec le Green New Deal, l’État sera aux côté de tous ceux qui jouent le jeu, et qui au lieu de tergiverser, de répéter « ce n’est pas possible », pour construire cette métamorphose.

Parce qu’il faudra accompagner la transformation des secteurs qui devront se reconvertir, je pense par exemple aux centrales à charbon, aux industries qui sont tournées vers les hydrocarbures, nous allons proposer des contrats de transition, qui permettront d’accompagner les salariés, les entreprises, mais aussi les territoires dans la construction d’un avenir sans énergies fossiles, vers l’agro-écologie et la protection de la biodiversité.

Ce Green New Deal, il va aussi porter un élan, une mobilisation des financements qui sont nécessaires pour changer d’échelle. L’État jouera son rôle, mais la finance doit le faire aussi. C’est aussi le rôle des collectivités, qui sont les premiers investisseurs publics, et qui peuvent mobiliser la commande publique pour créer les marchés de demain, qu’il s’agisse de restauration collective, de transports en commun sans émissions.

Mesdames et Messieurs,

Je vous prends au mot. Vous avez pris des engagements qui s’inscrivent dans le cadre que nous avons fixé. Je compte sur vous pour les respecter, pour faire le point régulièrement sur là où vous en êtes. Car le monde économique ne peut plus jouer contre son camp. Il ne peut plus se permettre le scandale des moteurs truqués, les fraudes aux quotas de CO2, les tentatives d’influencer la science.

Votre lobbying, s’il est légitime, il ne sera recevable que si vous respectez les règles du jeu, si vous participez sincèrement à la transition écologique et solidaire.
Vous le savez, mais je préfère vous le dire franchement, en prenant ces engagements devant moi, devant les français, les citoyens et les chefs d’État et de gouvernement de la planète réunis à Paris 2 ans après la COP21, vous vous créez une obligation.

Ce contrat pour la planète, je le reçois avec bonheur. Ne le rompez pas, ne cédez pas à la tentation de revenir en arrière, au conservatisme. Car c’est un contrat qui vous lie aux français, et qui porte en lui des sujets aussi graves, aussi sérieux que la paix et la sécurité, que la justice climatique.

Je vous remercie./.

(Source : site Internet du ministère de la transition écologique et solidaire)

En savoir plus

- One Planet Summit - Entretien de M. Emmanuel Macron, président de la République, avec le quotidien « Le Monde » (13 décembre 2017)
- France Diplomatie : Un rendez-vous pour la planète : le One Planet Summit (12 décembre 2017)

dernière modification le 27/03/2018

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