Formation par l’EnA des hauts-fonctionnaires grecs [el]

La France et la Grèce collaborent afin d’améliorer la gouvernance hellénique, notamment grâce au concours de l’ENA qui propose des programmes de formation à destination des hauts-fonctionnaires et futurs hauts-fonctionnaires.

Mercredi 27 juin 2018, Madame Olga Gerovasili, Ministre de la Réforme Administrative a présenté à la presse une nouvelle initiative de coopération franco-grecque en matière de réforme de la gouvernance de l’Etat, en présence de l’Ambassadeur de France en Grèce Monsieur Christophe Chantepy.

Dans le cadre de l’assistance technique apportée par la France à la Grèce, l’Ecole nationale d’administration française a mis en place avec son homologue grecque EKKDA un programme de formation au bénéfice des fonctionnaires grecs. Tout l’enjeu de ces formations est d’améliorer la qualité de l’administration et de son encadrement afin d’offrir aux citoyens un meilleur service public, une meilleure transparence, ainsi que la garantie d’une véritable méritocratie au sein de la fonction publique hellénique. La prochaine session est prévue pour le 10 Juillet 2018 en France.

Madame la Ministre a souhaité remercier ses partenaires français, et notamment Expertise France, pour l’aide qu’ils ont apportée dans le cadre des réformes administratives au cours de ces dernières années.

Après avoir salué les efforts réalisés par l’Etat grec en matière de réformes administratives ces dernières années, l’Ambassadeur de France en Grèce a souligné l’importance de ces programmes de formation pour accompagner l’évolution permanente de l’administration afin que celle-ci puisse toujours mieux répondre aux exigences de ses citoyens, en se concentrant sur son efficacité et sur sa neutralité.

Retrouvez le discours de l’Ambassadeur de France en Grèce, Monsieur Christophe Chantepy :

Madame la Ministre,

Je vous remercie de m’avoir convié à cette conférence de presse pour la présentation du programme de formation continue, à l’ENA à Paris, pour des fonctionnaires et élèves fonctionnaires grecs. Ce programme est un bel exemple – pas le premier – de la coopération entre nos deux pays, avec nos deux écoles d’administration, et avec le concours d’Expertise France, opérateur français qui apporte son soutien à la réforme de l’administration grecque.

Une administration publique qui fonctionne bien : c’est ce que demandent les citoyens et les entreprises.

Que ce soit pour une démarche individuelle ou pour un projet collectif, tout le monde est en droit :
- de comprendre facilement quel est le cadre légal applicable, sans avoir besoin de payer très cher un avocat pour retrouver les textes applicables ;
- de repérer facilement le service compétent pour soumettre sa demande ;
- de récupérer facilement les formulaires nécessaires pour exprimer sa demande ;
- d’avoir une réponse claire dans un délai bref.

Le tout, quand c’est possible, de façon dématérialisée, c’est-à-dire sans avoir à se déplacer.

Et avec, en plus, deux règles en faveur des usagers :
- le silence de l’administration vaut, sauf exception, acceptation de la demande ;
- on ne demande qu’une fois, et si on se trompe de service administratif pour adresser sa demande, c’est à l’administration de réorienter cette demande vers le bon service.

La Grèce a fait de nombreux progrès depuis quelques années pour améliorer son administration. La France aussi. Mais la réforme en la matière n’a jamais de fin, car il faut sans cesse s’adapter aux nouvelles exigences des citoyens, aux nouvelles méthodes de travail.

Les objectifs que s’est fixés la Grèce dans Δημοσιο 2020 sont ambitieux. Mais leur concrétisation est la condition pour que la Grèce – si je peux me permettre de reprendre un terme utilisé par le Premier ministre M. Tsipras – trouve la normalité. La mal-administration est un des maux principaux de la Grèce ; c’est une des causes principales de la crise. Car si l’administration ne fait pas rentrer les impôts, l’Etat est impuissant et fait banqueroute ; si l’administration entrave l’action des entrepreneurs, c’est l’économie qui ralentit, ou alors il se crée de l’économie souterraine ; si l’administration ne répond pas à une demande, alors le demandeur va être tenté de débloquer la situation par un pot-de-vin.

Bref, les questions que vous traitez, Mme la Ministre, sont au cœur du progrès économique et social en Grèce. La France, vous le savez, a toujours été à vos côtés. Elle le restera dans la période qui s’ouvre avec la sortie du programme. Et en matière de réforme de l’administration, notre coopération doit continuer à s’étendre.

dernière modification le 17/09/2018

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