France et Grèce signent un partenariat stratégique [el]

Emmanuel Macron et Kyriakos Mitsotakis ont assisté à la signature d’un accord de partenariat stratégique. Saluant cet accord, ils ont souligné que ses racines historiques sont profondes et exprimé la volonté commune d’accroître et d’intensifier la coopération dans le domaine de la défense et de la sécurité sur la base des intérêts mutuels et de la solidarité effective qui fait la force des liens franco-grecs ». A cette occasion, le premier ministre grec a annoncé l’acquisition de trois frégates FDI de fabrication française, avec une quatrième en option.

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Lors de la conférence de presse conjointe, le Président de la République a souligné :

Monsieur le Premier ministre, cher KYRIAKOS,
Madame, messieurs les ministres,
Mesdames, messieurs les ambassadeurs,
Mesdames, messieurs,

Nos ministres viennent un instant de signer un partenariat stratégique de coopération en matière de défense et de sécurité, qui est le fruit d’un travail qui vient de loin, d’une relation qui, ces dernières années s’est intensifié et de notre travail, en particulier des dernières semaines. Il est en effet l’aboutissement d’un travail engagé dans la durée après la déclaration conjointe sur la défense et la sécurité de juin 2008. Dans la continuité de la déclaration Helléno-française aussi sur un partenariat stratégique du 23 octobre 2015. Mais c’est surtout le fruit des 18 derniers mois et du travail intense que nous avons mené avec monsieur le Premier ministre qui a conduit la France à s’engager fortement à vos côtés à l’été 2020. Qui nous a aussi conduit à avoir des discussions stratégiques soutenues à l’été dernier, et en particulier lors du sommet d’Ajaccio et ces dernières semaines, à la fois à Marseille puis à Athènes pour le MED 9. Nous avons intensifié ces discussions qui aboutissent clairement aujourd’hui à travers ce partenariat.

Ce partenariat exprime notre volonté partagée d’accroître et d’intensifier notre coopération dans le domaine de la défense et de la sécurité sur la base de nos intérêts mutuels et de la solidarité effective qui fait la force de nos liens. Ils contribuent à protéger la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale de nos deux États, tout en promouvant la sécurité, la stabilité et la prospérité dans les régions d’intérêt commun. Il permet l’approfondissement de la coopération franco-hellénique sur les enjeux stratégiques dans le domaine de la politique étrangère en matière militaire ainsi qu’en matière d’industrie de défense, ce qui s’est traduit concrètement par la décision grecque de se doter d’avions de combat Rafale, et aujourd’hui, par votre annonce, Monsieur le Premier ministre, de votre décision de doter la Grèce de trois frégates Belh@rra qui seront construites en France, à Lorient - autant de témoignages de confiance et de démonstration de la qualité de notre relation. Nous veillerons aussi ensemble à intensifier ces coopérations sur le plan industriel, à permettre d’avoir au maximum une présence et un renforcement de ces coopérations industrielles et de la création d’emplois de part et d’autre.

Ce partenariat s’inscrit en parfaite cohérence et dans le plein respect de nos engagements à l’Union européenne et à l’OTAN en en renforçant l’effectivité pour la protection de nos territoires et en nous permettant d’agir plus efficacement de manière plus coordonnée, ensemble, pour la paix et la sécurité en Méditerranée, au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Il contribue ainsi à l’indépendance européenne, au renforcement de la souveraineté de l’Europe et à la paix et la sécurité internationale. Ce partenariat n’est dirigé contre personne, mais permet d’agir plus efficacement et étroitement ensemble pour la paix, la coopération, la stabilité.

Il résulte aussi du fait que nous partageons très profondément, dans toutes les régions que je viens de rappeler, une vision commune, celle de nos intérêts, celle de la stabilité et une volonté d’agir et d’œuvrer ensemble. Ce partenariat, à cet égard, s’inscrit dans la droite ligne en fidélité avec les combats que nous menons ensemble en matière européenne depuis que vous êtes élu, monsieur le Premier ministre et nous l’avons rappelé à plusieurs reprises, qu’il s’agisse d’indépendance technologique, d’un plus grand engagement militaire européen, pu de de se tenir en première ligne sur les combats qui sont vitaux pour nous.

Et l’exposition que nous avons hier inaugurée le montre ô combien dans une relation qui s’inscrit profondément dans nos histoires. Je le rappelais hier, la Grèce est une civilisation avant d’être un État nation et elle est une civilisation qui nous a inspirés et nous a permis d’être nous-mêmes. Et la Grèce est aussi cet État nation qui en deux siècles, a poursuivi un chemin inédit, celui de devenir indépendant et d’être une nation au cœur de l’Europe, de ses préoccupations, de son imaginaire, de sa culture, de son art, un cœur vivant. Depuis deux siècles, la France s’est battue pour les idéaux d’indépendance, de liberté de la Grèce et elle continuera de le faire, car il s’agit de l’amitié entre nos peuples, nos nations, mais il s’agit aussi, d’une part, existentielle pour votre peuple comme pour le nôtre.

Pour toutes ces raisons, ce partenariat est cohérent avec nos histoires, nos engagements profonds et, je crois, ce dont nos pays et notre continent ont besoin pour le siècle qui s’ouvre. Je veux donc vous remercier, monsieur le Premier ministre, ainsi que les ministres et collaborateurs qui vous accompagnent et ont travaillé aux côtés des miens sur cette déclaration, vous dire combien nous sommes sensibles à votre présence, hier et aujourd’hui à Paris et à la signature de ce document qui marquera notre histoire commune. Vous dire aussi toute notre solidarité. Nous avons été à vos côtés lorsque l’inquiétude était là, il y a un an, à vos côtés lorsque les feux sévissaient cet été. Nous sommes aussi à vos côtés dans ces jours et ces heures difficiles et je sais que dans quelques instants, vous nous quitterez pour Héraklion où un tremblement de terre a sévi. Veuillez accepter la solidarité de la France une fois encore dans cette épreuve. Mais merci de votre amitié, de votre engagement et du courage qui est le vôtre, celui du peuple Grec. Merci Monsieur le Premier ministre.

En réponse aux questions de journalistes, il a notamment répondu :

(...) Je n’ai pas le sentiment qu’à l’été 2020 ce soit la Grèce qui se soit montrée belliqueuse en Méditerranée orientale. Je pense qu’il est de notre devoir, nous, Européens, de montrer que nous sommes solidaires avec chacun des États membres, et c’est ce que la France a fait à l’été 2020. C’est ce que nous consolidons par ce partenariat stratégique. La Grèce est aux avant-postes, dans une région tourmentée, où les intérêts énergétiques et géopolitiques sont majeurs. Ils le sont pour la Grèce, ils le sont pour l’Europe et ils le sont pour la France. Il est donc légitime que nous nous engagions d’une part, à aider la Grèce à s’équiper pour faire respecter ses intérêts et son intégrité territoriale et d’autre part, que nous nous engagions aussi à coopérer pour la protéger en cas d’intrusion, d’attaque ou d’agression. C’est l’idée que je me fais de l’amitié et de cette indépendance européenne unité territoriale européenne à laquelle nous tenons.

Mais plus largement, les quatre questions que nous venons d’avoir me conduisent juste à dire deux choses toutes simples. La première, les Européens doivent sortir de la naïveté. Lorsque nous sommes sous l’effet de pressions, de puissances qui parfois se durcissent : réagir, montrer que nous avons avec nous aussi la puissance et la capacité à nous défendre, mais pas céder à l’escalade, c’est simplement nous faire respecter. La deuxième remarque, c’est que les États-Unis d’Amérique sont des grands alliés historiques et sont des alliés en termes de valeurs. Et ils le resteront. Mais nous sommes obligés de constater que depuis maintenant, un peu plus de 10 ans, les États-Unis d’Amérique, d’abord, se concentrent beaucoup sur eux-mêmes et ont des intérêts stratégiques qui se réorientent vers la Chine et le Pacifique, c’est leur droit, c’est leur propre souveraineté. Et je respecte la souveraineté des peuples, mais nous serions là aussi naïfs, plutôt, nous commettrions une terrible erreur à ne pas vouloir en tirer les conséquences et de constater pour nous-mêmes. Et donc, c’est avec le même pragmatisme, la même lucidité pour notre indépendance que nous devons, en tant qu’Européens, prendre notre part dans notre propre protection. Ça n’est pas une alternative à notre alliance avec les États-Unis d’Amérique. Ça n’est pas une substitution, c’est assumé ce pilier européen dans le cadre de l’OTAN et c’est tirer les conséquences pour nous-mêmes du fait qu’il nous est demandé d’assumer davantage notre propre protection. Je pense que c’est légitime. C’est donc à nous de le faire. (...)

Revoir la conférence de presse sur Youtube (lien externe)

En savoir plus

- Communiqué de la Présidence de la République - Elysée (28/9/2021)
https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2021/09/28/conference-de-presse-conjointe-du-president-emmanuel-macron-et-du-premier-ministre-de-la-republique-hellenique-kyriakos-mitsotakis
- Communiqué du ministère des Armées (28/9/2021)
https://www.defense.gouv.fr/salle-de-presse/communiques/communique_la-grece-et-la-france-renforcent-encore-leur-cooperation-de-defense-acquisition-de-3-fregates-de-defense-et-d-intervention-fdi-par-la-grece (site externe)

dernière modification le 28/09/2021

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