Grèce – déclaration de Michel Sapin (26/1/2017) [el]

Michel Sapin, ministre de l’économie et des finances, s’est rendu à Bruxelles pour participer à la réunion des ministres des finances de l’Eurogroupe qui s’est tenue le 26 janvier 2017.

#Grèce

Déclaration de Michel Sapin à son arrivée à la réunion des ministres des finances de l’Eurogroupe (Bruxelles, 26 janvier 2017)

Extrait sur la Grèce

(...) Concernant la Grèce, croyez-vous à une nouvelle crise, ou est-ce du passé ?

Non, la crise, nous l’avons connue en juillet 2015, et nous l’avons résolue. Depuis lors, nous travaillons, nous travaillons sérieusement. Il peut y avoir des difficultés, mais tout le monde a à l’esprit la nécessité d’éviter toute crise.

Nous allons donc travailler aujourd’hui, et dans les semaines qui viennent, pour faire en sorte que les réformes nécessaires à la Grèce puissent être mises en place dans de bonnes conditions, respectueuses de la société grecque et des faisabilités politiques, mais nous travaillons aussi à ce qui doit être apporté à la Grèce pour lui permettre de revenir à une situation normale.

La Grèce a besoin de croissance, elle est en train de retrouver la croissance. La Grèce a besoin d’un équilibre budgétaire, elle est en train de retrouver cet équilibre budgétaire. La Grèce a intérêt à la solidarité européenne, et cette solidarité européenne lui est acquise.

A quelle échéance espérez-vous voir le FMI revenir ?

Le FMI n’est pas parti. Il est toujours là. Il restera parmi nous. (...)

Vidéo (intégralité de la déclaration)

Conférence de presse de Michel Sapin à l’issue de l’Eurogroupe (Bruxelles, 26 janvier 2017)

Extraits - Grèce - Conférence de presse de M. Michel Sapin, ministre de l’économie et des finances, à l’issue de la réunion des ministres des finances de l’Eurogroupe (Bruxelles, 26/01/2017

Q - Monsieur le Ministre, pourriez-vous nous faire un point sur les discussions avec la Grèce ? On nous envoie des messages positifs, mais en réalité on comprend que les discussions continuent de buter sur un certain nombre de points. Pouvez-vous nous dire précisément ce qu’il en est ?

R - Ce qui a été dit cet après-midi (…) était un compte-rendu de l’état de la situation, avec l’assurance par tout le monde de la volonté de continuer, de faire en sorte que soit mené jusqu’au bout (…) de la « revue » en cours. (…)

Il y a une volonté d’aboutir, (…) de faire en sorte que, clairement, il n’y ait pas de situation difficile à traverser durant l’année 2017. La crise, nous l’avons vécue en 2015. Elle a été aigue. Elle a permis d’aboutir à accord qui reste la base sur laquelle sont fondées toutes les discussions en cours aujourd’hui, accord dit de juillet 2015, suivi d’un deuxième texte quelques mois après.

Il y a donc une volonté d’aller au bout de cette revue pour que la mise en œuvre des accords précédents puisse se faire dans de bonnes conditions. Mais il y a également la volonté de faire en sorte que dès maintenant il y ait des perspectives pour 2018. Traverser 2017 sans encombre est une chose, nous le souhaitons, tout le monde le souhaite. Poser les bases d’une année 2018 qui puisse permettre à la Grèce de sortir du dispositif d’aujourd’hui, ou en le disant autrement, qu’il n’y ait pas d’autre programme qui suive le programme actuel, c’est aussi un impératif qui s’impose à tous.

Pour cela il y a deux conditions : premièrement, que la Grèce nous dise ce qu’elle ferait, si - ce qui n’est peut-être pas le cas - elle n’atteint pas ses objectifs. Deuxièmement, que les Européens disent que si la Grèce atteignait ses objectifs, il conviendrait de mettre en œuvre le programme d’aménagement de la dette à moyen terme.

Le programme à court terme, après quelques soubresauts de fin d’année, est aujourd’hui mis en œuvre. J’insiste sur ce point : ce n’est pas négligeable. Les effets de ce programme qui est mis en œuvre par le seul MES dans les conditions que vous savez a des conséquences non négligeables pour la Grèce en termes d’allégement du poids de la dette.

Donc voilà ce que l’on doit chercher : premièrement, comment nous aboutissons à la fin de la revue et donc à la mise en œuvre d’un des paiements dans le cadre de cette revue. Deuxièmement, comment nous préparons une perspective positive.

La crédibilité de la Grèce ne va pas s’acquérir en l’espace des quelques semaines qui précédent la mi-2018, le moment où s’achève notre programme. Il faut préparer cette crédibilité. La crédibilité, c’est un gouvernement grec disposé à prendre, si c’est nécessaire des mesures nouvelles, et par ailleurs des Européens disposés à mettre en œuvre un programme de soutenabilité de la dette à moyen terme.

Sur la question du FMI : du point de vue théorique, il n’a pas forcément besoin d’être dans le dispositif. Mais du point de vue de la crédibilité, c’est un élément nécessaire. Étant donné qu’il était là dans les premiers programmes, il est nécessaire que le FMI soit là jusqu’au bout de ces programmes. Sinon il y aurait toujours une interrogation sur son absence, qui pourrait peser négativement sur la crédibilité de l’ensemble du dispositif.

Voilà en ce qui concerne les éléments aujourd’hui sur la table. J’ajoute un dernier point, dont vous avez entendu parler : faut-il que la Grèce adopte de façon préalable des dispositions législatives qui seraient éventuellement mises en place en 2018 ? C’est ce que demande aujourd’hui le FMI. Je le dis clairement : je pense que ce ne serait pas raisonnable de demander cela à la Grèce. La France n’est pas favorable à ce qu’il y ait une obligation pour la Grèce - obligation que je crois la Grèce incapable de mettre en œuvre d’un point de vue politique - d’une adoption préalable de dispositions qui peut-être ne seront pas mises en œuvre si, comme on peut le penser aujourd’hui la Grèce atteignait ses objectifs.

Aujourd’hui tous les signes macro-économiques et budgétaires qui nous sont donnés sont des signes positifs. La Grèce retrouve la croissance. Elle atteint des objectifs budgétaires supérieurs à ceux auxquels elle était astreinte. Cela est vrai pour 2016 et pour la perspective 2017. Donc nous sommes plutôt dans un contexte positif, dans un contexte qui doit pousser les uns et les autres à l’optimisme. Le gouvernement grec, le parlement grec, mettent en œuvre le programme, parfois difficilement, parfois avec des hésitations, mais mettent en œuvre le programme, et ceci a des conséquences : la croissance qui se retrouve, des emplois qui se créent, et une situation budgétaire qui s’améliore.

Conférence de presse de Michel Sapin à l’issue de l’Eurogroupe (Bruxelles, 26 janvier 2017), en vidéos

1ère partie

2ème partie

En savoir plus

- Intervention de Pierre Moscovici, commissaire européen, à la conférence de presse à l’issue de l’Eurogroupe (26 janvier 2017) sur le site de la Commission européenne.

dernière modification le 31/01/2017

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