Le souffle de la France sur l’émancipation des femmes de Thessalonique (N°13, 4 mars 2021) [el]

Les "Chroniques du Jeudi" Qu’est-ce que c’est ?

Les Chroniques du Jeudi de LA FRANCE À THESSALONIQUE, lancées par le Consulat général du France et l’Institut français de Thessalonique en novembre 2020, sont publiées le dernier jeudi de chaque mois.

Consacrées à des événements clés, elles proposent un voyage à travers l’histoire extraordinairement riche des liens qui unissent la France avec Thessalonique et la Grèce du Nord. Nos lecteurs, habitants de la circonscription du consulat (Macédoine centrale, occidentale et orientale, Épire, Thrace et Thessalie) ou simples curieux, peuvent y (re)découvrir les origines et les temps forts de la présence française et de ses institutions à Thessalonique, les traditions que nous partageons, et les évènements majeurs de la vie culturelle franco-hellénique contemporaine dans la région.

N’hésitez pas à partager ces chroniques avec tous ceux qui aiment la Grèce et la France, pour faire connaître l’histoire franco-grecque et renforcer la communauté d’idées entre nos deux pays.

Toutes les Chroniques

- Le Général de Gaulle à Thessalonique (N° 1, 19 novembre 2020)
- 1686, ouverture du Consulat de France à Salonique (N° 2, 26 novembre 2020)
- 1906, La Mission laïque française ouvre sa première école à Thessalonique (N° 3, 3 décembre 2020)
- Visite de Valéry Giscard d’Estaing à Thessalonique (N° 4, 10 décembre 2020)
- Michel Butor à Thessalonique : inspiration, magie et passion (N° 5, 17 décembre 2020)
- Les vœux du Consulat général, de l’Institut français et de l’Ecole française de Thessalonique (N° 6, 24 décembre 2020)
- Les traditions des 31 décembre et 1er janvier dans nos deux pays (N°7, 31 décembre 2020)
- Les traditions française et grecque pour l’Epiphanie (N°8, 07 janvier 2021)
- 1896, la France fait naître un port à Thessalonique (N°9, 14 janvier 2021)
- Le Choix Goncourt de la Grèce organisé à Thessalonique (N°10, 21 janvier 2021)
- D’Allatini à Dassault - Une saga née à Thessalonique (N°11, 04 février 2021)
- Thessalonique et l’empreinte française du front d’Orient (N°12, 18 février 2021)
- Le souffle de la France sur l’émancipation des femmes de Thessalonique (N°13, 4 mars 2021)
- La francophonie dans le nord de la Grèce (N°14, 18 mars 2021)
- Protaprilia - Poisson d’avril ! (N°15, 1er avril 2021)
- Du panache à l’École française de Thessalonique (N°16, 16 avril 2021)
- Ernest Hébrard, l’âme du plan de Thessalonique (N°17, 6 mai 2021)
- Sur les terres de Dionysos (N°18, 24 juin 2021)
- L’influence française sur l’architecture de Thessalonique (N°19, 30 septembre 2021)
- L’« incident de Salonique », 6 mai 1876 (N°20, 28 octobre 2021)
- La France sous les projecteurs au Festival international du film de Thessalonique (N°21, 25 novembre 2021)
- Kalanda cosmopolites à Thessalonique ! (N°22, 23 décembre 2021)
- Souvenir de la Jérusalem des Balkans (N°23, 27 janvier 2022)

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Le souffle de la France sur l’émancipation des femmes de Thessalonique

Dans cette chronique publiée le 4 mars 2021, quelques jours avant la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, nous avons souhaité rendre hommage aux femmes et filles qui, passées par l’enseignement français, ont ouvert la voie à l’émancipation des femmes à Thessalonique.

Il faut pour cela remonter à la seconde moitié du XIXᵉ siècle, quand se renforce le système éducatif de la Salonique de l’Empire ottoman¹ : c’est l’Alliance israélite universellefondée à Paris en 1860 et empreinte de pensée française – qui initie le mouvement en créant neuf écoles, dont trois professionnelles et six pour filles, entre 1873 et 1912. Elle est suivie, dans les années 1880, par les écoles confessionnelles des Filles de la Charité et De la Salle, ainsi que par des écoles privées françaises, Guiraud et Petit Lycée. Enfin, c’est bien sûr dans cette ville cosmopolite et multiculturelle, où l’utilisation du français comme lingua franca est très répandue parmi les élites issues de ces institutions, que la Mission laïque française choisit d’ouvrir, en 1906, sa première école à l’étranger².

Toutes les communautés ethniques - Ottomans, Grecs, Français, Italiens, Espagnols, Serbes, Bulgares, Hongrois - et religieuses - juifs (largement majoritaires), musulmans, orthodoxes, catholiques et protestants - de la ville se mêlent dans ces écoles internationales. C’est dans ce terreau multiculturel et progressiste de cette ville de Méditerranée orientale ouverte aux échanges internationaux que les familles bourgeoises, en quête d’une éducation de qualité, scolarisent leurs enfants, et notamment leurs filles, amorçant ainsi progressivement l’émancipation des femmes de Thessalonique.

D’autres jeunes filles, socialement moins favorisées, acquièrent leur autonomie par le travail en gagnant leur propre salaire et en participant parfois aux mouvements sociaux de l’époque. Nombreuses sont les femmes, et en particulier celles de la communauté juive employées dans l’industrie du tabac, qui prennent part aux grèves organisées par la Fédération socialiste ouvrière de Salonique – le plus grand syndicat de travailleurs et travailleuses des Balkans, fondé en 1909.

Quelques années plus tard, quand les maris sont mobilisés au front, les femmes prennent de nouvelles responsabilités, occupent une place croissante dans la société, et renforcent leur indépendance (comme ce fut le cas dans de nombreux pays pendant la Première Guerre mondiale).

Ainsi, tant dans les milieux éducatifs que sociaux, les femmes échappent quelque peu au carcan de la sphère familiale, côtoient d’autres communautés, d’autres façons de penser, et développent une solidarité, que l’on nommerait aujourd’hui « sororité ».

L’entraide se perpétue pendant la Première Guerre mondiale et la période du front d’Orient. Lorsque, en 1917, un vaste incendie ravage Thessalonique et détruit la quasi-totalité des écoles juives du centre-ville, ce sont en grande partie les écoles de la Mission laïque française (Mlf) qui accueillent leurs élèves, au pourcentage important de filles. La transition est facilitée par la proximité des deux systèmes éducatifs et les liens noués entre le consulat de France et la communauté juive. Pendant cette période, les effectifs des établissements de la Mlf sont multipliés par trois, atteignant 1 281 élèves pendant l’année scolaire 1917-1918 ; le plus gros contingent se trouve au Collège de filles (407, pour 334 au Lycée de garçons et 190 à l’École commerciale).

L’émancipation des filles de Thessalonique, palpable à travers les photos du « Lycée³ » de l’entre-deux-guerres, ne faisait alors que commencer …

¹ Voir la Chronique du Jeudi « D’Allatini à Dassault - Une saga née à Thessalonique » (6ᵉ paragraphe).

² En reprenant le Lycée de Garçons, le Cours Secondaire de Jeunes Filles et l’École Commerciale (voir la Chronique du Jeudi « 1906, la Mission laïque française ouvre sa première école à Thessalonique » ).

³ Nom historique de l’École française de Thessalonique.

Retrouvez les Chroniques du Jeudi sur nos sites :

- Consulat général

- Institut français

- Ecole française

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dernière modification le 19/09/2022

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