Mai 1963 - Visite du général de Gaulle en Grèce [el]

Le général de Gaulle s’est rendu en Grèce du 16 au 19 mai 1963, porteur de messages d’amitié et d’espoir européen.

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La visite officielle du général de Gaulle en Grèce il y a 48 ans, en mai 1963, était une étape marquant du développement de la relation bilatérale et du rapprochement de la Grèce avec la Communauté économique européenne. Grâce aux archives, redécouvrez ici ses messages qui frappent aujourd’hui par leur force et leur actualité.

Reportage vidéo de l’INA (Institut national de l’audiovisuel) : « Le voyage du général de Gaulle en Grèce »

Le 17 mai 1963, dans son discours devant la Vouli, le parlement grec, le général de Gaulle a rappelé « toutes les raisons qu’ont nos deux peuples de se rapprocher l’un de l’autre et de conjuguer leur action ».

« Assurément, nous savons, vous et nous, que l’effort a ses rigueurs et que les pires adversaires du progrès sont la facilité, l’abandon, la démagogie. Mais, pour vous comme pour nous, quelles que soient les peines que nous impose notre développement, c’est le bien des hommes qui est notre objectif final. (…) les peuples grec et français – qui savent très bien et qui prouvent aujourd’hui combien sont fécondes la cohésion et la continuité de l’Etat – sauvegardent, à travers tous les rouages, l’âme et la dignité des hommes, la liberté des citoyens. (…) En pratiquant entre elles l’amitié, la Grèce et la France sont, autant que jamais, fidèles à leur histoire. Elles n’en contribuent que mieux au développement de l’Europe et à la défense du monde libre, grâce à quoi, en ces temps difficiles, la voie est ouverte à la foi et à l’espérance. »

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Discours du Général de Gaulle 
devant le Parlement hellénique (17 mai 1963) Archives nationales (PDF - 262.1 ko)

Le lendemain, devant la Ligue franco-hellénique, le général de Gaulle réaffirme l’attachement à l’Alliance atlantique, garantie de sécurité pour la Grèce en cette période de Guerre froide, mais aussi à l’Europe et à la démocratie.

« (..) le monde étant ce qu’il est, les efforts individuels ne sauraient suffire et il est indispensable que les pays attachés aux mêmes valeurs spirituelles et soumis aux mêmes menaces s’unissent fermement en vue d’assurer la paix. Tel est le noble but de l’Alliance atlantique à laquelle la France et la Grèce entendent l’une et l’autre rester fidèles. Réaffirmer la fidélité de la France à l’Alliance atlantique, cela veut dire, en ce qui concerne nous autres Grecs et Français, que si une agression quelconque venait à être commise contre ce pays, la France serait aussitôt à ses côtés avec tous les moyens en son pouvoir.
Mais pour assurer sa survie nationale il ne suffit pas qu’un peuple soit militairement fort, ni même qu’il ait des alliés puissants. Encore faut-il qu’il soit à l’abri des démons intérieurs qui, laissés à eux-mêmes, le conduiraient à la décadence et à la destruction. Ce problème qui, pour l’appeler par son nom, est celui du régime et des institutions, c’est ici même qu’il a trouvé, il y a largement plus de 2000 ans, une solution dans laquelle nous cherchons encore aujourd’hui des exemples, c’est ici même que s’est constitué ce que nous considérons comme notre patrimoine le plus sacré, je veux dire la démocratie. Sauvegarder la démocratie, l’adapter à toutes les évolutions et en particulier à celle des techniques, faire en sorte que l’autorité de l’Etat se concilie avec la liberté des citoyens quelles que soient les circonstances, voilà la grande affaire en cette deuxième partie du XXème siècle. Nous nous efforçons en France de mettre au point les formules qui, respectant rigoureusement l’idéal qui fait rayonner à l’extérieur le nom de notre pays, doivent en même temps permettre l’Europe dont la Grèce fait partie, de notre vieille Europe secouée par tant de tourments, dont les peuples se sont, au cours des siècles, si violemment heurtés qu’ils en sont arrivés à croire qu’ils étaient ennemis les uns des autres mais qui, en réalité – nous le sentons bien de plus en plus – ne constituent qu’une seule famille dont la grande tâche de l’heure est de rassembler tous les enfants. C’est à cette tâche, dont nous ne devons certes pas nous dissimuler qu’elle sera longue mais qui est déjà commencée et qui est déjà peut-être plus avancée que certains ne le croient, que nous devons, Français et Grecs, nous consacrer plus spécialement encore que d’autres. Car, au-delà d’une certaine définition géographique, l’Europe n’est-elle pas l’expression d’une civilisation qui a autrefois pris naissance sur ces rivages et dont on a bien voulu dire que la France avait, à diverses époques, fourni la meilleure illustration ? Faire l’Europe, voilà donc notre mission à nous autres, voilà donc la mission à laquelle l’ombre de l’Acropole nous convie. »

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Discours du Général de Gaulle 
devant la Ligue Franco-hellénique (18 mai 1963) Archives nationales (PDF - 290.3 ko)

Le général de Gaulle s’est également rendu à Thessalonique, le 19 mai, où il a inauguré l’Institut français de Thessalonique et rendu hommage aux militaires français et grecs tombés sur le front d’Orient.

En savoir plus

- Site de l’Elysée - Présidence de la République : « biographie de Charles de Gaulle (1959 - 1969) » (lien externe)
https://www.elysee.fr/charles-de-gaulle

- Site du consulat général de France à Thessalonique : en images - « Visites du Général de Gaulle et Valéry Giscard d’Estaing » (lien interne)

- Site de l’Institut français de Thessalonique : « Le Général de Gaulle à Thessalonique » (lien externe)
https://www.ift.gr/fr/chroniques-du-jeudi-de-la-france-a-thessalonique/

dernière modification le 18/05/2021

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