Pr. Jacques Ganoulis : de Toulouse à Thessalonique au fil de l’eau.

Le professeur Jacques Ganoulis et le Consul général - JPEGLe professeur Jacques Ganoulis et le Consul général

Le professeur Jacques Ganoulis dirige le laboratoire d’Hydraulique de l’université Aristote de Thessalonique, dont il est l’un des illustrateurs scientifiques. Membre de l’Académie de l’Eau de France, Il a enseigné un peu partout dans le monde comme professeur invité en France, en Australie, aux Etats-Unis, et a établi en 2003 la Chaire UNESCO pour la gestion durable de l’eau dans les Balkans. Depuis l’an dernier, il coordonne les relations internationales de l’université auprès du recteur. Sa présence dans de nombreux programmes européens et sa renommée internationale le qualifient pleinement pour cette tâche.

Pouvez-vous en dire un peu plus sur votre lien avec la France ?}

Ma famille est originaire du nord de la Macédoine,de Siatista, ville située près de Kastoria. Mon père a été le premier francophone de la famille. Inspecteur d’académie, il était très francophile mais a découvert Paris très tard. Ma mère, originaire de Constantinople, avait appris le français chez les sœurs de Sainte Pulchérie.
Pour ma part, après mes études au lycée expérimental de Thessalonique et ayant obtenu mon diplôme d’Ingénieur à l’Ecole Polytechnique de Thessalonique, j’ai eu la chance de me rendre en France, à l’ ENSEEIHT (École Nationale Supérieure d’Hydraulique, Institut Polytechnique de Toulouse) en 1968, pour des études doctorales, - afin que j’obtienne le DEA et le titre du Docteur d’État, elles ont duré jusqu’en 1974, car je n’avais pas grande envie de retrouver la Grèce des Colonels ! Toulouse était alors le grand centre des études internationales en Hydraulique et Hydrologie, et j’ai continué dans cette voie. J’ai épousé une Française et appartient désormais aux deux pays, puisque je suis aussi devenu citoyen français. « Heureux comme Ganoulis qui a fait beau mariage ! » m’a dit un de mes professeurs, après la soutenance de ma thèse….

Des souvenirs de Toulouse ?}

Mes professeurs m’ont laissé une profonde impression par leur ouverture d’esprit et leur culture classique, tout spécialement le professeur Leo Escande, poète autant que scientifique, membre de l’Académie des Sciences et Docteur Honoris Causa de notre École d’Ingénieurs de Thessalonique, l’un des pères de l’hydraulique et de l’hydro-électricité. Je vous en donne un témoignage avec son sonnet« Retour à Salonique » dont j’ai retrouvé le manuscrit : un bel exemple de philhellénisme de sa génération, et de sa culture humaniste.

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Sonnet « Retour à Salonique »
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Pourquoi cette chaire UNESCO à Thessalonique ?}

La gestion de l’eau est un sujet scientifique capital, car il touche autant à la science qu’à la politique. L’UNESCO a bien reconnu ce fait en créant une Chaire spéciale à l université Aristote ayant une vocation internationale et régionale. Les Balkans sont un véritable château d’eau de l’Europe et il est important, dans un environnement politique qui fut souvent agité, de pouvoir échanger et organiser la gestion d’une ressource stratégique, tout spécialement autour de la Méditerranée. Je prépare actuellement la publication d’un recueil consacré à ce sujet, prévue à la rentrée prochaine, avec deux collègues, dont une responsable de l’UNESCO à Paris, Mme Alice Aureli. Il s’agit d’un livre traitant de l’approche multidisciplinaire de la gestion transfrontalière des ressources en eau..Ce sujet intéresse assez largement alors que la France s’apprête à accueilllir plusieurs milliers de participants au Forum international de l’eau à Marseille en mars 2012 et que s’élabore progressivement une conception de l’eau comme ressource protégée et partagée..

Vous avez choisi, outre vos travaux scientifiques, de vous impliquer activement dans l’action internationale de votre Université ; pourquoi ?}

Oui j’ai décidé de soutenir activement l’effort de notre nouveau recteur, qui souhaite donner à l’Université Aristote la première place en Europe centrale et orientale, en développant l’excellence mais aussi une culture plus internationale. Nous organiserons à cet effet des journées d’études le 10 et 11 octobre 2011, et nous comptons inviter à cette occasion des scientifiques français de haut niveau. J’espère que mon collègue De Marcily pourra être parmi nous. L’entrée de notre université dans l’organisation universitaire francophone représente un élément important de cette stratégie, mais il faut donner maintenant du contenu !
Le volet scientifique de la francophonie doit être développé, et nous comptons, bien sûr, sur l’appui de la France à ce projet.

Ouvrage à paraître :

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Gestion d’eau transfrontalière
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dernière modification le 17/10/2017

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