Revue de la presse de Grèce du nord du 1er au 12 février 2018

POINTS FORTS
CULTURE-ÉDUCATION
-  Musée de l’holocauste : dette de la ville envers les Juifs thessaloniciens, grecs et sépharades, selon le maire de Thessalonique ;
-  Exposition intitulée "Objet in-connu" de onze jeunes artistes à l’Institut français de Thessalonique ;
-  Exposition de recueils cartographiques français de la mer Egée commandés par Louis XIV à la Fondation du Telloglion avec l’appui du Consulat général de France à Thessalonique ;

BALKANS-RÉGION
-  Question de l’appellation de l’ARYM :
-  Président de la Région de Macédoine centrale : « Toute référence au terme Macédoine laisse la porte ouverte à de futurs revendications » ;
-  Maire de Thessalonique : « Je considère que les rassemblements sont le résultat de désinformation du monde et de renforcement de l’ethno-patriotisme » ;
-  Mouvements de la gauche radicale : « Injuste, erronée du point historique et immorale, le fait d’interdire l’utilisation par le pays voisin (ARYM) du nom de la Macédoine » ;
-  Changement de l’opinion en ARYM sur la question de l’appellation ;

ÉCONOMIE
-  Hausse de 16,74 % du nombre de conteneurs débarqués à Thessalonique en 2017 ;
-  Importance stratégique, énergétique et militaire d’Alexandroupolis pour les Etats-Unis ;
-  Mobilisation contre la privatisation de la Compagnie des eaux et égouts de Thessalonique ;
-  Augmentation de 100 % du nombre de visiteurs commerciaux étrangers au Salon agricole de Thessalonique

SÉCURITÉ
-  Explosion de trois cartouches de gaz devant le bureau du ministère de la Défense à Thessalonique ;

MIGRANTS ET RÉFUGIÉS
-  7 544 migrants et réfugiés interceptés dans la région d’Evros en 2017

CULTURE-ÉDUCATION

Musée de l’Holocauste

« La ville, la société, le pays tout entier ont fait preuve d’indifférence. Ils se sont tous caché derrière leur doigt. Il fallut attendre près de vingt ans pour aboutir en 1962 à la construction d’un monument en mémoire des victimes, et ce dans l’enceinte du nouveau cimetière juif comme si cette affaire ne concernait que les membres de la communauté juive de la ville », a souligné M. Yiannis Boutaris, maire de Thessalonique, à l’occasion de la cérémonie de pose de la première pierre du musée mémorial de l’Holocauste à Thessalonique en présence du Président d’Israël Reuven Rivlin, du Premier ministre grec Alexis Tsipras et du Président de la communauté juive de Thessalonique David Saltiel.

« Le musée de l’holocauste symbolisera notre honte pour tout ce qui s’est passé, pour tout ce que nous avons fait et surtout pour tout ce que nous n’avons pas pu ou que nous n’avons pas voulu faire, autochtones et réfugiés, de droite ou de gauche durant et après la guerre. Le musée constitue une dette de la ville mais également un pari personnel. C’est une dette de la ville envers ses Juifs thessaloniciens, grecs et sépharades » a-t-il conclu.

Auparavant, lors d’une cérémonie devant le monument de la Shoah, M. Boutaris avait cité les problèmes auxquels avaient été confrontés les rescapés juifs des camps de concentration allemands dès leur retour à Thessalonique, nombreuses de leurs maisons ayant été pillées. Il a également rappelé la construction de la cour de l’église Saint-Démètre avec des pierres tombales récoltées sur l’ancien cimetière juif de la ville détruit par les forces d’occupation allemande et « les employés chrétiens de la municipalité ». Ces pierres tombales avaient également été utilisées en 1948 pour la construction de trottoirs malgré les fortes protestations de la communauté juive. L’université Aristote de Thessalonique et son hôpital universitaire avaient d’ailleurs été construits sur le terrain qu’occupait jadis ce cimetière.

« Seuls mille sur les plus de 45 000 Thessaloniciens juifs ont échappés aux relégations, à Auschwitz, aux marches vers la mort et aux camps de travail. Ils y ont échappé car ils ont supporté une violence inexprimable, des humiliations, des expérimentations médicales, des viols. Après s’être échappés, ils sont retournés dans leur ville natale. En tant que héros ? Bien au contraire. Les Juifs qui s’étaient échappés dans les montagnes et cachés dans les villes ou qui s’étaient évadés en Palestine, ont affronté tous ceux et celles qui étaient revenus des camps de concentration comme des traitres, des collaborateurs des Allemands et les femmes comme des prostituées. De leur côté, « les Chrétiens ont vu en les survivants des savons inexploités », comme a souligné un journaliste américain, « une menace d’un passé qui ne voulait pas mourir » (Thestival.gr, Protothema.gr, 28 et 31 janvier).

Couvrant une superficie de 7000 m², le musée sera construit à l’ouest de la ville, jadis nommée la "Jérusalem des Balkans", à proximité de l’ancienne gare de la déportation. Les travaux débuteraient en juillet 2018 pour s’achever en décembre 2020, grâce à plusieurs financements : dons de 10 M € de la Fondation Niarchos, 10 M € de l’Etat fédéral allemand et 2 M € de diverses communautés juives (ThessNews, 3 février).

Exposition : "Objet in-connu"

Exposition intitulée « Objet in-connu », de onze jeunes artistes, du 29 janvier au 20 février 2018, à l’Institut français de Thessalonique, en partenariat avec le 3ème atelier de peinture de l’École des Beaux-arts de Thessalonique, avec le soutien du Consulat Général de France à Thessalonique, et placée sous l’égide du TEI (Institut Technologique et Professionnel) de Thessalonique (Typosthes.gr, 31 janvier).

Exposition cartographique

Exposition de recueils cartographiques français de la mer Egée commandés par Louis XIV du 14 février au 2 avril à la Fondation du Telloglion. Fruit d’une coopération étroite entre l’Université Aristote de Thessalonique, en particulier avec sa Bibliothèque et son Laboratoire de cartographie et d’analyses géographiques, et le Consulat général de France à Thessalonique, cette exposition a pour objectif de présenter les techniques révolutionnaires de l’époque en matière de cartographie côtière (Amna.gr, Parallaximag.gr, Archaiologia.gr, News247, TheToc.gr, Zougla.gr, Epikairo.gr, Militaire.gr, Athina984.gr, Analitis.gr, Thestival.gr, 6 février).

BALKANS-RÉGION

Question de l’appellation de l’ARYM

« Toute référence au terme Macédoine laisse la porte ouverte à de futurs revendications », a souligné M. Tzitzikostas, président de la Région de Macédoine centrale, au sujet des négociations en cours sur l’appellation de l’ARYM. « Pour la première fois, après de nombreuses années, nous avons des voix officielles dans le pays voisin qui reconnaissent la contrefaçon de l’histoire » a-t-il indiqué, considérant comme idéales les circonstances actuelles pour relancer les négociations avec l’ARYM sur des nouvelles bases (Thestival.gr, 5 février).

« Le rassemblement était comme prévu grand. Je considère que les rassemblements sont le résultat de désinformation du monde et de renforcement l’ethno-patriotisme qui ne peut apporter que des résultats désagréables » a souligné M. Boutaris, maire de Thessalonique, en commentaire du rassemblement organisé le 4 février dernier à Athènes contre l’utilisation du terme « Macédoine » dans la future appellation de l’ARYM (Thestival.gr, 5 février).

Par ailleurs, le site Voria.gr publie un communiqué de plusieurs mouvements de la gauche radicale (Initiative antiraciste de Thessalonique, Regroupement de la gauche anticapitaliste, Réseau pour les droits politiques et sociaux, Réseau de la gauche radicale, etc.) qualifiant d’« injuste, erronée du point historique et immorale, le fait d’interdire l’utilisation par le pays voisin (ARYM) du nom de la Macédoine », tout en rappelant le droit d’autodétermination des peuples. « Tout le monde sait que des populations slaves habitent depuis des centaines d’années la région de la Macédoine historique, préservant leur langue et tradition. Depuis un siècle, une large majorité a formé sa propre conscience et identité - différente des grecque, bulgare ou serbe - se liant dès le début avec le nom de la terre où ils habitaient, soit la Macédoine ». « Indépendamment de leurs intentions ou de leurs points de vue politique, tous ceux qui ont participé et soutenu les rassemblements (de Thessalonique et d’Athènes contre l’utilisation du terme Macédoine par l’ARYM), appuient concrètement les plans de leurs organisateurs, soit de la droite nationaliste et de l’extrême droite », concluent-ils (Voria.gr, 6 février).

La presse publie également un nouvel appel des organisateurs des deux rassemblements précédents pour la poursuite de leurs actions le 4 mars au poste-frontière d’Evzoni entre la Grèce et l’ARYM « pour envoyer aux voisins le message fort que la Macédoine était, est et restera grecque » (Thestival.gr, 9 février).

Enfin, ThessNews relève un changement de l’opinion en ARYM sur la question de l’appellation de leur pays. En effet, selon un sondage réalisé entre les 19 et 26 janvier 2018 en ARYM, 61 % des personnes interrogées auraient déclaré être prêtes à accepter le changement de l’appellation de leur pays (République de Macédoine) en vue d’adhérer à l’OTAN, contre 35 % fin décembre 2017 (ThessNews. 10 février).

ÉCONOMIE

Port de Thessalonique

Le nombre de conteneurs débarqués à Thessalonique aurait enregistré une hausse de 16,74 % en 2017, soit 401 947 TEUs contre 344 316 en 2016, un record sur les dix dernières années malgré la grève partielle des douaniers, atteignant ainsi leur capacité maximale d’entrepôt (Thestival.gr, 6 février).
Alexandroupolis-Etats-Unis
« Les Américains veulent le port d’Alexandroupolis » titre en Une Eleftheri Thraki qui souligne l’importance qu’accorderait Washington au développement du port d’Alexandroupolis en raison des grands projets énergétiques en cours dans la région : construction du gazoduc TAP et installation d’un terminal (flottant) de gaz liquéfié. « Le port d’Alexandroupolis est d’une importance stratégique et nous désirons qu’il joue un rôle plus important » avait d’ailleurs déclaré l’Ambassadeur des Etats-Unis en Grèce à l’occasion d’un colloque sur le transport maritime (Eleftheri Thraki, 2 février).
Plusieurs centaines de personnes ont défilé le 11 février dans les rues d’Alexandroupolis à l’invitation de « comités locaux pour la Paix » « contre la création d’une base d’hélicoptère de l’OTAN » dans leur ville (Alexpolisonline.gr, 11 février).

Compagnie des eaux et égouts de Thessalonique

Lancement d’une campagne d’information contre la privatisation de la Compagnie des eaux et égouts de Thessalonique (EYATh), à l’initiative de l’organisation « SOSauver l’eau », en collaboration avec le syndicat des travailleurs de l’EYATh et les organisations « Kallisto » et « Water Warrior », avec le soutien de l’Union régionale des municipalités de Grèce (Voria.gr, 5 février).

Salon agricole de Thessalonique

« C’était le plus grand salon de la région, non seulement de Grèce mais également du sud-est méditerranéen (…) Le nombre de visiteurs commerciaux étrangers ont augmenté de 100 % par rapport à 2016 » s’est félicité M. Pozrikidis, directeur général de DETh-HELEXPO. Plus de 140 000 personnes auraient visité le salon, soit 16 % de plus par rapport à 2016 (Thestival.gr, 5 février)

SÉCURITÉ

Mini-attentat

Explosion de trois cartouches de gaz devant le bureau du ministère de la Défense à Thessalonique, causant quelques dommages matériels (Karfitsa.gr, 6 février).

MIGRANTS ET RÉFUGIÉS

Migrants

7 544 migrants et réfugiés ont été interceptés en 2017 dans la région d’Evros, aux frontières terrestres entre la Grèce et la Turquie, puis amenés au centre d’accueil et d’identification régional (Eleftheri Thraki, 2 février).

Sources :
- Presse écrite de Thessalonique : « ThessNews »
- Presse écrite régionale : « O Chronos » (Komotini), « Empros » (Xanthi), « Gnomi » et « Eleftheri Thraki » (Alexandroupolis)
- Presse électronique de Macédoine : « Voria.gr », « Thestival.gr », « Karfitsa.gr », « ThessNews.gr », « Cityportal.gr », « Seleo.gr », de Thessalie : « Thessalia online », « Larissanet.gr », « Eleftheria.gr »
- Presse électronique de Thrace : « Thrakitoday.com », « Gatzoli.gr », « Azinlikça.net » (presse de la communauté musulmane de Thrace) et d’Epire : « NeoiAgones.gr », « Agon.gr », « ProinosLogos.gr »
La revue de la presse est préparée une fois par semaine par le service de presse du Consulat et est destinée à tous celles et ceux qui désirent s’informer en français sur l’actualité hellénique telle qu’elle apparaît dans les quotidiens grecs de Grèce du nord.
Clause de non-responsabilité :
La revue ne prétend pas être exhaustive. Elle a un caractère d’information. Le Consulat Général ne saurait en aucun cas être responsable des articles parus dans la presse grecque.
Abonnement  : Vous pouvez, sur demande, vous abonner à la revue de la presse. Vous recevrez la revue une fois par semaine par messagerie électronique. Envoyez votre message en mentionnant dans l’objet "Abonnement à la revue de presse".

Abonnement/Désabonnement

dernière modification le 27/02/2018

haut de la page