TA NEA : Soutien de la France à la diplomatie grecque et au droit international [el]

Interview de Patrick Maisonnave
Ambassadeur de France en Grèce

TA NEA du 7-8 décembre 2019

Propos recueillis par Pavlos Tsimas, journaliste.

Propos recueillis par Pavlos Tsimas, journaliste.

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Patrick Maisonnave a accordé une interview au journal Ta Nea, consacrée à la vision française de l’avenir de l’Europe, de l’Otan et aux relations franco-grecques dans ce contexte :

« Une politique européenne crédible et robuste en matière de sécurité et de défense doit permettre à l’UE de réagir aux tensions régionales auxquelles la Grèce est particulièrement exposée du fait de son histoire et de sa géographie.

Je suis convaincu que la France peut aider la Grèce à faire face à ces tensions. Au sommet de l’OTAN à Londres, le président Macron a très clairement soutenu les préoccupations grecques au sujet de l’accord passé entre le gouvernement libyen et la Turquie. Nous le ferons également au sein des institutions européennes ou à l’ONU, en soutien à la diplomatie grecque et au droit international. Dans d’autres occasions, cette solidarité a été démontrée par notre présence militaire en Méditerranée orientale. Le moment est venu d’intensifier la coopération de défense qui unit nos deux pays, en attendant que l’Europe soit en mesure de le faire collectivement. »

Le projet d’acquisition de frégates françaises par la marine grecque s’inscrit-il dans cette vision stratégique ?

« Evidemment. Soyons clairs : l’acquisition de frégates françaises de dernière génération s’inscrit dans une alliance stratégique que nous proposons à la Grèce pour les années à venir. Des liens anciens et solides, y compris dans le domaine de la défense, une affinité culturelle à toute épreuve en constituent les fondations inébranlables. Ce que nous proposons à la Grèce, c’est de construire sur cette base une relation stratégique, à partir d’une analyse commune des défis sécuritaires des années à venir, en partageant l’expérience acquise par nos forces armées. Par-delà la participation du tissu industriel de la Grèce, je suis convaincu que cette relation stratégique est appelée à devenir le véritable laboratoire de la défense européenne, des industries de la défense en Europe, et un investissement à long terme dans la souveraineté européenne. De même que l’Europe doit prendre ses responsabilités dans ce domaine, sans renier bien évidemment ses relations avec les alliés historiques, je suis convaincu que la Grèce peut devenir, aux côtés de la France, un acteur majeur de l’émancipation stratégique de l’Europe. C’est un enjeu de sécurité et de souveraineté pour la Grèce et c’est notre intérêt européen commun. »

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dernière modification le 20/01/2020

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