TO VIMA - "Mikaël Hautchamp : De Versailles à la rue Sina" [el]

Le journal TO VIMA daté du 17 janvier 2016 a publié dans son édition du dimanche une interview-portrait de Mikaël Hautchamp, conseiller de coopération et d’action culturelle et directeur de l’Institut français de Grèce, qui retrace sa carrière professionnelle et évoque la nouvelle orientation de l’action culturelle de l’IFG pour les années à venir.

Lire l'article en ligne sur le site de TO VIMA - JPEG

Traduction de l’article en français

Mikaël Hautchamp

De Versailles à la rue Sina

Le nouveau directeur de l’Institut français d’Athènes parle au journal To Vima de sa Grèce à lui et de la nouvelle orientation des actions culturelles de l’Institut.

Cela fait 4 mois qu’il est à Athènes en tant que conseiller de coopération et d’action culturelle près l’ambassade de France en Grèce et directeur de l’Institut français de Grèce. Ancien administrateur général adjoint au Château de Versailles et ancien directeur général adjoint de la Bibliothèque nationale de France, Mikaël Hautchamp, 40 ans, arrive en Grèce après avoir servi dans le secteur de la santé publique et dans deux institutions emblématiques du patrimoine culturel français.

Né en Bretagne, « près de la mer, qui est pour nous aussi importante que pour les Grecs », il a dans ses bagages des études qui correspondent au profil d’un haut fonctionnaire de l’administration française : des études préparatoires en littérature, des études au fameux Institut d’études politiques de Paris et à l’ENA.

Il est en Grèce avec son épouse, conseiller de l’ambassadeur de France à Athènes et leurs quatre enfants, Roxane, Clélia, Virgile et Hippolyte qui a à peine 6 mois. C’était leur choix de venir en Grèce et ils sont ravis d’être ici.

Cinéma et philosophie

Derrière l’actualité financière et politique grecque, qu’il suivait en France, il s’est rendu compte en arrivant à Athènes qu’ « il y a ici une autre actualité, celle de la vie intellectuelle, culturelle et quotidienne et j’ai constaté que la manière dont la Grèce est présentée en France ne correspondant pas à ce qui se passe réellement ici. J’ai été agréablement surpris ». Son regard est franc, son ton est doux, il sourit souvent. « Il est sûr que la situation est compliquée, mais pas aussi sinistre que médias en France peuvent la présenter ».

Fervent adepte de grec ancien et de littérature grecque, « les livres de Jacqueline de Romilly et de Jacques Lacarrière, qui ont appris aux Français ce qu’est la Grèce », l’accompagnaient à chaque fois qu’il visitait la Grèce. « À un niveau très personnel, les poètes grecs, que je lis depuis maintenant 20 ans, me touchent profondément, Elitis, Embirikos, Cavafis, mais également les plus contemporains tels que Kiki Dimoula ou Titos Patrikios ».

Poète lui-même, il n’a pas mentionné son propre parcours littéraire, qui compte en France trois livres de poésie. La place de la poésie dans la nouvelle programmation culturelle de l’Institut sera d’ailleurs très importante. De la programmation culturelle mise en place par son prédécesseur sont maintenus « Les grands événements culturels que les Athéniens ont aimés comme le Festival du film francophone ou la Nuit de la philosophie qui seront un peu différenciés quant à leur thématique ainsi que toutes les manifestations autour du théâtre ». « Le programme de traduction, d’édition et de présentations théâtrales était remarquable et nous allons le poursuivre, ainsi que notre partenariat avec le milieu du théâtre ».

Mis à part notre partenariat avec la fondation Cacoyannis, le Mégaron-Palais de la musique, le Théâtre d’Art Karolos Koun et l’Opéra national de Grèce, nous inaugurons un autre partenariat, avec le Théâtre municipal du Pirée, où nous programmons pour les trois années à venir des productions en partenariat avec des dramaturges et des artistes des deux pays.

Les innovations de la programmation qu’il va dévoiler pour la durée de son mandat triennal, seront basées sur 4 principes : « Le premier principe, c’est le développement d’une politique des publics avec de nouvelles propositions afin d’attirer un public plus large. Nous portons aussi un tres grand intérêt envers les jeunes et c’est en ayant ces jeunes à l’esprit que nous inaugurons un Ciné-club ainsi qu’une web-radio, qui va servir d’outil pédagogique aux 4000 enseignants de français en Grèce et qui va par ailleurs retransmettre des concerts, des colloques, des conférences etc. qui auront lieu à Athènes. On va soutenir la jeunesse innovante et les entrepreneurs de startups en organisant des soirées franco-helléniques, où ils pourront présenter leurs projets. On va soutenir la littérature jeunesse. Le Centre national de la littérature jeunesse faisait partie de la Bibliothèque nationale de France, où je travaillais, et je sais à quel point ce domaine est dynamique au niveau des éditions et que la lecture est importante pour la formation des jeunes. Nous allons inviter en Grèce des auteurs français de littérature jeunesse, nous allons organiser un festival de bande-dessinée française et, pour les années à venir, une fois qu’on aura trouvé les financements dont on a besoin, nous envisageons de produire un festival de littérature jeunesse ».

Je quitte son bureau de la rue Sina, dans ce bâtiment-symbole de la francophonie en Grèce, qui l’a impressionné et qu’il compte bien mettre plus en valeur.
Il me salue en français et en grec. Ces 5 derniers mois, il suit des cours intensifs de grec. Je lui souhaite « siderokefalos », je lui explique que c’est ce qu’on dit en Grèce. « Tête de fer ! », il traduit immédiatement et se tape la tête en souriant. Il apprend vite.

L’enjeu

L’enjeu de son mandat est le renforcement de la francophonie dans la province grecque en partenariat avec l’Institut français de Thessalonique et les annexes de Patras et Larissa. « Nous allons développer la plateforme numérique existante de projection de films francophones sous-titrés, nous allons collaborer avec les festivals de Syros, de Corfu et d’ailleurs, nous allons faire en sorte que les invités français se déplacent aussi à Thessalonique, à Patras et partout ailleurs où ce sera possible. À partir de cette année, la fête de la Francophonie change également et dans un effort de décentralisation, le concours se déroulera dans plusieurs régions en partenariat avec les directions de l’Education secondaire et le ministère hellénique de l’Éducation  ».

De nouvelles thématiques seront proposées en dix cycles. Le cycle « Pensée contemporaine » a cet année pour thème « repenser la politique » et dans le cadre du cycle « CNRS dépasser les frontières du savoir », d’éminents scientifiques du CNRS, le centre de recherche le plus prestigieux en Europe, vont venir donner des conférences au Mégaron-Palais de la musique. Des auteurs français primés viendront en Grèce quatre fois par an dans le cadre du cycle « Les prix littéraires » et d’autres cycles de manifestations sont mis en place avec pour thème le développement durable, les mots en scène, comment gérer les différences à l’école et la préparation des études en France.

Il estime que « La longue amitié franco-hellénique a été renforcée par la crise de juillet à Bruxelles et la visite du président français à Athènes à l’automne dernier a été la confirmation et la célébration de cette amitié ».

Dans la déclaration commune qui fut signée pendant cette visite, la priorité a naturellement été accordée dans les domaines de l’économie et des entreprises, mais il y en a eu aussi des articles précis concernant les domaines de l’éducation et de la culture, ainsi que la mise à disposition de fonds importants pour le soutien des études de doctorat en France avec des bourses pour les étudiants grecs.

dernière modification le 24/07/2017

haut de la page