Un peu d’Histoire ...

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Consulat de France à Salonique (1897) (JPEG - 2.1 ko)

La défense des droits des Français en pays ottoman était une tâche complexe. Aussi les étrangers se regroupaient-ils en " nations" dont le chef était le consul, qui convoquait et présidait une assemblée composée de marchands, capitaines et patrons ( à l’exception des artisans et matelots). L’assemblée était chargée des affaires générales du commerce de l’ Echelle* et veillait au respect des usages commerciaux et de la concurrence ; elle assurait la gestion financière de l’Echelle, contrôlait les dépenses du consul et élisait un ou deux députés pour deux ans. Conformément aux Capitulations, les consuls exerçaient des pouvoirs judiciaires en matière civile, en cas de procès entre Français. En matière criminelle, le consul était chargé de l’enquête et de l’instruction. Il renvoyait l’accusé en France avec son dossier par le premier navire en partance. Il exerçait également des pouvoirs de police et maintenait l’ordre entre ses compatriotes, y compris sur les navires marchands. Il avait le droit, après avoir recueilli l’avis des députés de la nation, d’ "expulser les français de vie et conduite scandaleuses". Pour le reste, il avait enfin des attributions classiques en matière de notariat, de marine, d’information de son ministre sur la situation politique et économique de sa circonscription.

Le réseau consulaire du XVIIIème siècle était structuré en trois grands ensembles :

- le Consulat Général de Morée ( aujourd’hui le Péloponnèse) dont le siège fut successivement Nauplie, Patras, Methoni, Tripoli et Koroné. En dépendaient les consulats de Naxie ( Naxos), Paros, Salonique (fondé en 1712) et La Canée, ainsi que les vice-Consulats d’Arta, Missolonghi, Négrepont ( Eubée), Athènes, Candie (Heraklion) et Rettimnon.

- le Consulat Général de Smyrne auquel se rattachaient les vice-consulats de "l’archipel" à Scio ( Chio), Rhodes, Stancho ( Kos), Metelin ( Mytilène), Milo et l’Argentière ( Kimoli).

- l’Ambassade de France auprès de la République de Venise, dont relevaient les consulats de " Zante et îles vénitiennes", Cerigo ( Cythère) et Corfou .
Ainsi y avait-il 19 consulats sur le territoire qui correspond à la Grèce contemporaine. La plupart étaient situés dans les îles ( les fameuses Echelles) où relâchaient les navires français effectuant le trajet Marseille- les ports de l’Orient.
A Milo et l’Argentière, le vice-consul était également pilote du Roi.
Le Consulat d’Athènes jouait alors un rôle effacé, rétrogradé en 1777 de vice-consulat à agence du Consulat général de Morée.

*Echelles du Levant : Ce nom était donné aux ports marchands de la Méditerranée du XVIème au XXème siècle ou encore soumis à la domination turque, tels que Constantinople, Salonique, Beyrouth, Smyrne, Alexandrie. Les Français y bénéficiaient des Capitulations.

dernière modification le 06/08/2010

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